La Rhode Island rouge

Coq Rhode Island rouge – papier peint à la main et feuille d’or sur panneau 70 cm x 60 cm

La Rhode Island rouge est probablement la race de volaille la plus emblématique et la plus répandue au monde. Dès le début des années 1830, des fermiers près de la ville de Little Compton, Rhode Island ainsi que dans l’état voisin du Massachusetts entreprirent de développer une excellente race de poule à double usage. Ils débutèrent avec les poules que l’on trouvait déjà couramment dans les fermes, des poules qui n’étaient pas d’une race spécifique mais un mélange de plusieurs. Un petit nombre de variétés semblent avoir eu une influence particulière dans le développement de la Rhode Island rouge, chacune apportant des qualités et des caractéristiques différentes à la race. C’était probablement des Shanghai, Java, Leghorn brune et combattants malais. Au XIXe siècle, Les ‘Shanghai’ correspondaient soit à des Brahmas ou à des Cochins, qui étaient utilisés couramment en Amérique du Nord pour la viande et qui furent importés en grand nombre dans la première moitié du XIXe siècle. La Java fut développé aux États-Unis pour la viande. Sa lignée exacte n’est pas connue et a presque disparue aujourd’hui. La Leghorn brune est une race italienne renommée pour sa production d’œufs. Les combattants malais sont de gros oiseaux avec des plumes dures et luisantes. Ils n’étaient pas communs en Amérique du Nord à cette période, bien qu’ils fussent extrêmement populaires en Europe. L’ascendant du combattant malais a pu provenir d’un coq rouge à poitrine noire importé d’Angleterre, ce qui donna à la Rhode Island rouge son coloris distinctif et aux mâles leur tempérament irritable.

La Rhode Island rouge devint très populaire peu après son développement et était couramment utilisée comme volaille utilitaire dans beaucoup de fermes américaines au XIXe siècle. Elle ne fut pas exposée avant 1879, et était alors appelée ‘Golden Red’ ou ‘Golden Buff’. Elle acquit son nom actuel au Massachussetts ou à Rhode Island entre 1879 et 1895, selon les sources. La Rhode Island rouge fut admise au ‘American Standard of Perfection’ en 1904. Une variété à petite crête rose fut standardisée en 1905.

 

Plaque commémorative de la Rhode Island rouge érigée en 1925 à Little Compton, Rhode Island (Photo ©Mackensen 2008, Wikimedia Commons)

Les Rhode Islands rouges sont classées comme des volailles de taille moyenne à grosse. Les mâles pèsent environ 3.8 kg et les femelles environ 2.7 kg. Les deux sont excellents braisés, donnant une chair savoureuse. Ce sont des volailles à peau jaune, avec un corps long et rectangulaire et des pattes jaunes. Le bec est rougeâtre, la crête et les barbillons sont rouges. Les poules, qui ont une meilleure disposition que les coqs, sont d’excellentes pondeuses et peuvent produire annuellement 200 à 300 œufs brun foncé dès l’âge de six mois. La Rhode Island rouge a un plumage d’un beau rouge acajou, les mâles arborant un peu de noir sur les ailes et la queue. Ce sont des volailles robustes, très flexibles et qui mangent à peu près n’importe quoi. Les Rhode Island rouges étaient les volailles préférées dans de nombreuses parties du globe jusqu’au milieu du XXe siècle.

 

Illustration tirée de la fable américaine ‘The Little Red Hen’ vers 1918

Il est difficile d’imaginer qu’une excellente race de poule telle que celle-ci soit menacée. En vérité, la Rhode Island rouge a été la victime de son propre succès. Sa belle couleur d’un rouge foncé l’a rendue populaire auprès des éleveurs qui n’étaient intéressés qu’aux compétitions et les élevaient pour leur couleur et leur apparence, pas pour leur utilité. Le plumage acajou qui en a fait une race populaire auprès des exposants l’a rendue moins attrayante en tant que volaille à viande à cause de la couleur foncée des plumes émergeantes. L’agriculture devenant plus spécialisée, les races à double usage devinrent aussi moins populaires. Mais les rouges étaient presque sans égales comme pondeuses, et ce fut leur capacité de production d’œufs qui devint leur plus grand atout.

Depuis les années 1940, la Rhode Island rouge a été élevée de manière sélective pour une production d’œufs plus efficace, devenant plus petite, de couleur plus pâle et moins mélancolique par la même occasion. (The Livestock Conservancy).

Les Rhode Islands rouges modernes continuent d’être utilisées pour la création de pondeuses hybrides destinées à l’industrie agricole telles que les Sex-links rouges, les Bovan Goldlines et ISA Browns. Donc, la Rhode Island rouge du XIXe siècle survit dans un sens à travers ces croisements. Mais, parce que l’emphase a été mise sur la production d’œufs au détriment d’autres caractéristiques, la grosse poule de basse-cour à usage double, robuste et au plumage rouge foncé a presque disparu. La race est considérée comme vulnérable au Canada et sur la ‘liste de surveillance’ aux États-Unis.

Poule Rhode Island rouge (Wikimedia commons)

 

 

Traduction par Anne Gardon

Sources:

Ark of Taste (www.fondazioneslowfood.com)

Dohner, Janet Vorwald: The Encyclopedia of Historic and Endangered Livestock and Poultry, Yale University Press, 2001

The Livestock Conservancy (www.livestockconservancy.org)

Wikipedia (www.en.wikipedia.org)

 

 

 

The Rhode Island Red

Rhode Island Red Rooster – 70 cm x 60 cm painted paper collage and gold leaf on panel

 

The Rhode Island Red is possibly the most iconic and widespread chicken breed in the world. Starting around 1830, farmers near the town of Little Compton, Rhode Island, and also in nearby Massachusetts set about developing an excellent dual-purpose chicken for farm use. They began with the chickens that were already commonly found on their farms, chickens which were not any specific breed, but were a mix of many. A handful of varieties are thought to have been particularly influential in the development of the Rhode Island Red, each contributing different qualities and characteristics to the breed. These were probably the Shanghai, Java, Brown Leghorn, and Malay. In the nineteenth century, ‘Shanghai birds’ meant either Brahmas and or Cochins, both of which were commonly used in North America for meat and were imported in large numbers in the first half of the century. The Java was developed in the US as a meat bird and it is now nearly extinct. The Brown Leghorn is an Italian breed renowned for its excellence as an egg layer. Malays are large game birds with sleek, hard feathers. Malays were not common in North America at that time, although they were extremely popular in Europe. The Malay influence may have come from an imported English black-breasted, red rooster which gave the Rhode Island Red its distinctive colouring and the roosters their testy disposition.

The Rhode Island Red became very popular soon after its development and was commonly used as a utility bird on many farms in the U.S. in the nineteenth century. It was not exhibited until 1879, at which point it was called the Golden Red or Golden Buff.  The bird acquired the name we know it by today in either Massachusetts or Rhode Island somewhere between 1879 and 1895, depending on who is telling the story. The Rhode Island Red was admitted to the American Standard of Perfection in 1904. A variety with a small, rose comb was standardized in 1905.

 

Rhode Island Red memorial erected in 1925 in Little Compton, Rhode Island (Photo ©Mackensen 2008, Wikimedia Commons)

 

Rhode Island Reds are classified as medium to heavy birds. Roosters weigh around 3.8 kg and hens approximately 2.7 kg. Both are excellent, flavourful stewing chickens.  They are yellow skinned birds with long, rectangular bodies and yellow legs. Their beaks are reddish, their combs and wattles are red. The hens, which have a quieter disposition than the roosters, are excellent layers and can lay between 200 – 300 dark brown eggs per year beginning as early as six months of age. The Rhode Island Red’s overall colour is a deep, rich, mahogany red with some black in the wings and the tail of the rooster. They are hardy birds who are extremely adaptable and will eat almost anything. Rhode Island Reds were the preferred farm chicken in many parts of the world until the mid-twentieth century.

 

Illustration from the American fable The Little Red Hen circa 1918

 

It is hard to imagine how such an excellent chicken breed could become endangered. In truth, the Rhode Island Red has been the victim of its own success. The beautiful, deep red colour of the Reds made them popular with poultry breeders who bred only for shows with the result that many are bred purely for colour and appearance, but not for utility. The mahogany plumage which has made the breed popular with exhibitors has made them less popular as meat birds because of their dark pin feathers. Also, as agriculture became more specialized dual-purpose breeds fell out of favour. But as egg layers the little red hens were almost without equal, and it was their egg production capacity that came to be their most desirable trait.

Since the 1940s, the Rhode Island Red has been selectively bred for more efficient egg production, becoming smaller, lighter colored, and less broody as a result. (The Livestock Conservancy)

Modern, egg production-type Rhode Island Reds continue to be used in the creation of commercial hybrid laying hens such as red sex-links, Bovan Goldlines, and ISA browns. So, although the Rhode Island Red of the nineteenth century lives on in a sense, by focusing on limited traits such as egg-laying to the detriment of all else, the original large, hardy, dark red, dual-purpose farmyard chicken is almost gone. The breed is considered vulnerable in Canada and is on the ‘watch’ list in the US.

 

Rhode Island Red hen (Wikimedia commons)

 

Sources:

Ark of Taste (www.fondazioneslowfood.com)

Dohner, Janet Vorwald: The Encyclopedia of Historic and Endangered Livestock and Poultry, Yale University Press, 2001

The Livestock Conservancy (www.livestockconservancy.org)

Wikipedia (www.en.wikipedia.org)

 

Le cheval Suffolk

Couleur, qualité, compacité et constitution robuste

 

Cheval Suffolk – papier peint à la main et feuille d’or sur panneau 60 cm X 70 cm

 

Les comtés de Norfolk et Suffolk constituaient à l’origine l’ancien royaume de East Anglia sur la côte est de la Grande-Bretagne. Entouré de zones humides à l’ouest, de la mer au nord et à l’est et de l’estuaire de la Tamise au sud, la majorité de la contré était formée de marécages et se trouvait ainsi relativement isolée du reste du pays. Mais la terre était fertile et la région densément peuplée et activement cultivée, d’abord par les Angles et les Saxons qui arrivèrent à la fin de l’ère romaine vers 410 après. J.C, puis par les Danois qui l’envahirent en 865. Les Danois amenèrent très probablement avec eux des chevaux similaires à la race moderne Jutland, et on pense que ces chevaux sont la race fondatrice du Suffolk Punch.

Stèle de pierre viking montrant un cavalier, vers 800 après J.C. (kulturbilder.wordpress.com)

 

Enclosures, soit le processus de clôture, débuta tôt en East Anglia. Par ce procédé légal, les terres communales étaient achetées par des fermiers et réunies dans de grandes fermes privées entourées de clôtures. Cette pratique se produisit dès le XIIIe siècle dans certaines parties du pays, mais devint plus répandue durant la dynastie des Tudor. Les terres du Suffolk étant cultivées et clôturées depuis plus longtemps, les agriculteurs remplacèrent plus rapidement le bœuf par le cheval comme animal de trait. Comme les grandes fermes employaient de la main d’œuvre salariée, les propriétaires réalisèrent qu’il était plus économique de labourer avec des chevaux car ils accomplissaient le travail plus rapidement que les bœufs. Le système d’enclosure donna également aux fermiers plus de contrôle sur l’élevage du cheptel que les terres communales où les animaux s’accouplaient librement. La plus ancienne preuve historié d’un type de cheval ‘Suffolk’ distinct apparaît au début du XVIe siècle.

Au XVIIe siècle, les fermiers de l’East Anglia entreprirent d’assécher de grandes étendues marécageuses afin de récupérer les sols lourds et riches pour les cultures. Mais drainer des marais requerrait du savoir-faire, aussi des entrepreneurs hollandais furent-ils employés pour construire les digues et les fossés de drainage. On pense qu’ils apportèrent avec eux de lourds chevaux flamands et normands. Ces chevaux importés étaient plus grands que les Suffolks indigènes et auraient été utilisés pour augmenter la taille et le poids du Suffolk, l’amenant à ressembler à l’animal que nous connaissons aujourd’hui.

Photo historique d’un Suffolk (Blog pour Memories of East Anglia, www.josephmasonspage.wordpress.com)

 

Le cheval Suffolk, aussi appelé Suffolk Punch ou Alezan du Suffolk, est le plus vieux cheval de trait britannique inchangé, et il a le deuxième plus vieux livre généalogique après le pur-sang. Tous les Suffolks modernes descendent d’un seul étalon, connu sous le nom de ‘cheval de Crisp’, né dans le village de Ufford en 1768. En 1784, le révérend Sir John Cullum décrivait ainsi le type de cheval que l’on trouvait dans la paroisse de Hawstead :

‘’Ayant mentionné les chevaux, je prends cette occasion pour rendre justice à une des races les plus utiles de cet animal, pas seulement dans cette paroisse, mais je crois dans tout le pays. La race est connue sous le nom de Suffolk Punches. Ils ont généralement 15 mains de hauteur, avec un corps trapu et compact; leurs pattes sont osseuses et leurs épaules bien en chair. Leur couleur est souvent alezan clair, qui est tout aussi reconnaissable dans certaines parties du royaume que leur forme.

‘’Historical Sketch of the Suffolk Horse’’ chapitre 11, The horse in the Furrow G.E. Evans.

Le Suffolk était appelé ‘Punch’ à cause de son encolure puissante et son poitrail imposant ou possiblement parce qu’il était rond comme un bol à punch. Les Suffolks Punchs ont un corps trapu et massif. Ils ont une tête tranquille et intelligente, avec peu ou pas de marques blanches. Leur robe est toujours de couleur alezan, allant du plus sombre (alezan brûlé) au plus clair. Aujourd’hui, la race est plus grande que du temps du Révérend Cullum,  mesurant généralement entre 16 et 17 mains. Les Suffolks sont renommés pour leur force au labourage car ils ont été développés pour tirer et non pour des jeux de pattes voyants comme les Clydesdales.  Le sol d’East Anglia est fait d’argile lourde, aussi leurs pattes ne portent pas de fanons. Leurs pattes courtes sont également rapprochées pour leur permettre de marcher dans les sillons sans empiéter sur les récoltes. Ceci ne veut pas dire que les Suffolks sont lents. Au contraire, ils peuvent avancer à vive allure et garder le rythme toute la journée.

‘Selon l’usage traditionnel des Angles, les chevaux étaient nourris très tôt le matin, avant l’aube. Durant leur journée de travail, qui était d’au moins neuf heures, ils ne prenaient que de brèves pauses, contrairement aux longs repos et repas d’autres races de chevaux de trait. Grâce à leur endurance et leur allure rapide, les Suffolks travaillaient de plus longues heures et on leur demandait d’accomplir plus en un jour que beaucoup d’autres races.’ J.V. Dohner, Encyclopedia of Historic and Endangered Livestock and Poultry.

Hongre Suffolk (Mars) appartenant à Sylvie Denault, Beauharnois, QC.

 

Les propriétaires de Suffolks les apprécient car ce sont des chevaux de travail idéals. Plutôt petits pour des chevaux de trait, ils sont plus gérables et plus économiques que de grands chevaux. Ils sont vigoureux, vivent longtemps et ont un tempérament calme. Ils sont vaillants au travail, que ce soit dans les champs, pour sortir des arbres de la forêt ou comme chevaux d’équipage. Le Suffolk peut également être croisé avec des races plus légères pour obtenir un cheval de chasseur lourd.

Les Suffolks arrivèrent pour la première fois au Canada en 1865. Leur importation était localisée principalement en Ontario, où ils étaient utilisés en agriculture et dans l’exploitation forestière. D’autres Suffolks Punchs furent importés en Amérique du Nord au début du XXe siècle, et une société canadienne du Suffolk fut fondée en 1911. Mais ils ne furent jamais importés en grand nombre comme les Percherons, les Clydesdales ou les Belges,  aussi étaient-ils moins communs au départ. Lorsque la mécanisation changea l’agriculture et que les machines prirent la relève des chevaux de trait au milieu du XXe siècle, le Suffolk se trouva dans une position plus précaire que les autres races. Dans l’East Anglia, avant la Première Guerre Mondiale, il y avait des milliers de Suffolks. Mais dans les années 1950, il n’en restait plus qu’environ 200 dans le monde entier. Les Suffolks Punchs demeurent  en danger à travers le monde et sont sur la liste des espèces sérieusement menacées de Heritage Livestock Canada.

 

Traduction par Anne Gardon

Sources:

American Suffolk Horse Association (www.suffolkpunch.com)

Dohner, Janet Vorwald,  Encyclopedia of Endagered and Historic Livestock and Poultry Breeds, Yale University Press, 2001

Evans, George Ewart , The Horse in the Furrow, Faber & Faber, London, 2012 ebook edition

Ford, Merlin, A Brief Overview of Draft Horse Numbers (www.rarebreedscanada.org)

The Kingdom of East Anglia, Jutland Horses (Wikipedia Entries, www.wikipedia.org)

Rare Breeds Survival Trust (www.rbst.org.uk)

 

 

 

 

 

 

The Suffolk Horse

Colour, quality, compactness, and a hardy constitution.

 

 Suffolk Horse – painted paper and gold leaf on panel 60 cm x 70 cm

 

The counties of Norfolk and Suffolk originally comprised the ancient Kingdom of East Anglia on Britain’s east coast. Surrounded by wetlands to the west, sea to the North and East, and the Thames estuary to the South, much of the land was marshland and it was thus relatively isolated from the rest of Britain. But the land there was fertile, and the area was densely settled and actively farmed first by the Angles and the Saxons who arrived at the end of the Roman period around the year 410 CE, then by the Danes who invaded in 865. The Danes almost certainly brought horses of a type similar to the modern Jutland breed with them, and it is thought that these horses are the foundation breed of the Suffolk Punch.

Viking stone stele showing a horseman circa 800 CE (kulturbilder.wordpress.com)

 

Enclosure happened early in East Anglia. Enclosure was a legal process in England wherein communal land was bought up by farmers and consolidated into large, privately held farms enclosed by fences. This practice happened as early as the 13th century in some parts of the country, but it became more widespread during the Tudor dynasty.  Because Suffolk land was already agriculturally developed and enclosed earlier than other places, they made the shift from ox-power to horse-power earlier as well. Large farms meant hired labour, and farmers soon realized it was cheaper to plough with horses because they got the job done faster than oxen. Enclosure also gave farmers much greater control over the breeding of livestock than they would have had in a system of commons where animals bred freely. The earliest recorded evidence of a distinct “Suffolk’ type of horse occurs at the beginning of the 16th century.

In the 17th century, East Anglian farmers embarked on a process of draining the extensive marshes to reclaim the heavy, rich soil for crops. But draining marshland required expertise, so Dutch contractors were employed to build dykes and drainage ditches. It is believed that the Dutch brought Flemish and Norman heavy horses to England with them.  These imported horses were larger than the native Suffolks, and would have been used to increase the size and weight of the Suffolk type, bringing it closer to the animal we know today.

Historical photo of a Suffolk Horse (The Blog for Memories of East Anglia, www.josephmasonspage.wordpress.com)

The Suffolk horse, also called the Suffolk Punch or Suffolk Sorrel, is the oldest unchanged British draft breed, and it has the oldest Stud Book second only to that of Thoroughbreds. All modern Suffolks can be traced back to a single stallion called Crisp’s Horse who was foaled in the Suffolk village of Ufford in 1768. In 1784 Reverend Sir John Cullum described the horse type found in Hawstead parish :

“Having mentioned horses I must take this opportunity of doing justice to a most useful breed of that animal, not indeed peculiar to this parish, but I believe to the county. The breed is well known by the name of Suffolk Punches. They are generally about fifteen hands high, of a remarkably short and compact make; their legs bony and their shoulders loaded with flesh. Their colour is often of a light sorrel, which is as much remembered in some distant part s of the kingdom as their form.”

“Historical Sketch of the Suffolk Horse” from chapter 11, The Horse in the Furrow by G.E. Evans

Suffolks were called ‘Punches’ for their punched up, heavily muscled necks and bodies, or possibly because they were round like punch bowls.  Suffolk Punches are short-backed, round, heavy, and deep. They have honest, intelligent heads, and few, if any, white markings. They are always chestnut in colour, ranging from dark liver-chestnut to light sorrel. The breed is taller now than it was in Rev. Cullum’s day as today they average between 16 and 17 hands. Suffolks are famous for their incredible strength in front of the plough as they were bred to pull, not for their showy leg action like Clydesdales. The soil of East Anglia is heavy clay, so their legs are free from feathering. Their short legs are also set close together to enable them to walk in the furrow without disturbing the crop. But this does not mean Suffolks are slow. On the contrary, they move quite briskly. And they can keep up a good pace all day.

‘According to traditional Anglian practice, the horses were fed very early, before dawn. During their work day, which was a good nine hours long, they took only short breaks, unlike the big midday break and feed of many other drafters. Because of their stamina and fast walk, Suffolk horses worked longer hours and were expected to accomplish more in a day than many other breeds. “ J.V. Dohner , Encyclopedia of Historic and Endangered Livestock and Poultry.

Suffolk Gelding (Mars) owned by Sylvie Denault, Beauharnois, QC

People who keep Suffolks love them because they are the ideal working horse. On the small side for a draft breed, they are more manageable and economical than larger horses. They are healthy, long-lived, and have a steady temperament. They are willing workers whether they are put to work in the fields or hauling trees out of the bush, or used as horses for pleasure driving. The Suffolk can also be crossed with lighter breeds to produce a heavy hunter type.

Suffolks first came to Canada in 1865. Their importation was centred primarily in Ontario where they were used for farming and logging.  More Suffolk Punches were imported to North America in the early twentieth century, and a Canadian Suffolk Society was formed in 1911. But they were never imported in the same number as Percherons, Clydesdales or Belgians, and so were a little less common to begin with. When mechanization changed agriculture and machines took over the industrial jobs of horses in the mid-twentieth century, the Suffolk was in a weaker position than other breeds. In East Anglia, before the First World War, there were thousands of Suffolks.  By the 1950’s approximately 200 Suffolk Punches were left in the entire world.  Suffolk Punches remain endangered worldwide and are currently listed as critically endangered on the Canadian Livestock Conservation List.

 

Sources:

American Suffolk Horse Association (www.suffolkpunch.com)

Dohner, Janet Vorwald,  Encyclopedia of Endagered and Historic Livestock and Poultry Breeds, Yale University Press, 2001

Evans, George Ewart , The Horse in the Furrow, Faber & Faber, London, 2012 ebook edition

Ford, Merlin, A Brief Overview of Draft Horse Numbers (www.rarebreedscanada.org)

The Kingdom of East Anglia, Jutland Horses (Wikipedia Entries, www.wikipedia.org)

Rare Breeds Survival Trust (www.rbst.org.uk)

Le canard Silver Appleyard

Cane Silver Appleyard 70 cm X 60 cm, collage de papier peint à la main et feuille d’or sur panneau

Le canard Silver Appleyard fut élaboré pour la première fois à la fin des années 1930 par le célèbre éleveur d’oiseaux aquatiques Réginald Appleyard à la Priory Waterfowl Farm, près de Ixworth dans le Sufford, en Angleterre. En plus d’être respecté comme éleveur d’oiseaux d’eau, il avait également développé une race de poulet et était l’auteur de plusieurs livres sur l’élevage et la reproduction de canards et d’oies. Dans une brochure promotionnelle publiée en 1936, il décrit son objectif pour le canard Silver Appleyard en ces termes :

Un effort pour créer et produire une belle race de canard. Combinaison de beauté, taille, beaucoup de gros œufs blancs, peau blanche, poitrines longues et profondes. Les oiseaux ont déjà gagné à Bethnal Green et au London Dairy Show et canetons tués à 9 semaines, 6 ½ lbs froids et plumés. (Brochure de Réginald Appleyard pour la promotion du canard Silver Appleyard, extrait de The Domestic Duck par Mike Ashton, The Crowood Press Ltd. 2015)

Le Silver Appleyard était destiné à être un canard à usage mixte idéal : un animal se nourrissant bien seul et grossissant rapidement, en plus de combiner une excellente production d’œufs et une carcasse bien en chair. La peau blanche du Appleyard était considérée comme plus attrayante que la peau foncée des races telles que le Rouen. Et la production d’œufs des Appleyards dépassait celle des Pékin à peau blanche. Pour beaucoup, Réginald Appleyard réussit dans sa tâche; le canard qu’il développa rencontrait effectivement tous les critères recherchés, en plus d’être plutôt beau.

Paire de Silver Appleyards  des années 1940 tiré de “The Domestic Duck” par Chris et Mike Ashton, The Crowood Press Ltd, 2015 édition e-book)

Réginald Appleyard poursuivit le développement de son excellente race de canard jusqu’à sa mort en 1964, mais il ne la fit jamais normalisée. Et il ne la mentionna plus jamais dans ses publications après les années 1940, ce qui semble curieux si on considère sa compétence comme éleveur et l’utilité de l’oiseau. Quelques experts pensent qu’il cessa de promouvoir le canard qui portait son nom parce que le plumage des oiseaux n’était pas stable, et que des canard pâles et foncés émergeaient. Il ne fit jamais savoir quelles races il avait utilisé dans l’élaboration du Silver Appleyard, bien que l’on soupçonne qu’il a possiblement utilisé le Rouen Clair ou le Mallard et peut-être le Pékin. Donc recrééer la race à partir de zéro aurait nécessité une certaine part de supposition, tout au moins avant l’avènement des tests ADN.

 

Deux Silver Appleyard males (version miniature)  (photo par Anna Maria Barbieri, Wikimedia Commons)

Le Silver Appleyard est un canard de forte corpulence, ainsi qu’un des meilleurs pondeurs dans la catégorie poids lourd. La femelle peut pondre entre 220 et 265 gros œufs par an. Le poids des oiseaux varie entre 3.6 – 4,1 kg pour le mâle et 3.2 – 3.6 kg pour la femelle.  Le Silver Appleyard a un port plutôt droit avec une légère pente vers la queue. La tête du mâle est verte avec des ‘sourcils’ argentés et des plumes argentées sur la gorge. La poitrine varie du bordeaux (brun-rouge) et marron au brun clair. Les ailes sont grises et blanches avec une bande transversale bleue. La queue est bronze foncé; les pattes sont orange;  le bec a une teinte légèrement verte avec le bout noir. Le plumage de la femelle est principalement blanc argenté avec des marques brunes et fauves. Elle a également une bande transversale bleue sur les ailes. Son bec varie de jaune à orange avec le bout noir. Ses pattes sont également orange.

Dans les années suivant la deuxième guerre mondiale lorsque la reproduction et l’élevage d’oiseaux d’eau devinrent moins populaires, le Silver Appleyard disparut presque complètement. Quelques canards furent envoyés aux États-Unis dans les années 1960, mais la race ne fut jamais répartie à grande échelle. Il fallut attendre que l’éleveur d’oiseaux aquatiques Tom Bartlett du Gloucestershire, en Grande-Bretagne, reprenne la cause du Silver Appleyard pour qu’un regain d’intérêt se manifeste pour ce canard. Le programme d’élevage de Bartlett permit à la race d’être standardisée en 1982. Il développa également une version miniature, standardisée en 1997. Le Silver Appleyard fut reconnu par l’American Poultry Association en 1998.

La première importation significative de Silver Appleyards en Amérique du Nord fut faite par Dave Holderread au Holderread Waterfowl Farm and Preservation Centre à Corvallis en Oregon dans les années 1980. Holderread rendit les canards disponibles au public en 1984.

On ne connait pas le nombre de Silver Applewards au Canada, bien qu’ils sont certainement très peu et ne sont pas utilisés commercialement. Selon toute probabilité, les oiseaux actuellement au Canada viennent de l’élevage de Corvallis. Au Canada, la race est sur la liste des animaux en danger.

 

Sources:   Ashton, Mike,  The Domestic Duck, The Crowood Press Ltd. UK. E-book 2015

The British Waterfowl Association (www.waterfowl.org.uk)

Dohner, Janet Vorwald, The Encyclopedia of Historic and Endangered  Livestock and Poultry Breeds, Yale University Press 2001

Holderread, Dave, Storey’s Guide to Raising Ducks. Pownal, VT: Storey Publishing, 2001.

Rare Breeds Survival Trust, The Silver Appleyard, www.rbst.org.uk

Courriels personnels avec l’éleveur Brad Metzer d’Ontario, Canada

 

 

 

The Silver Appleyard Duck

Silver Appleyard Duck (female) 70 cm X 60 cm, painted paper collage and gold leaf on panel

The Silver Appleyard duck was first developed in the late 1930s by renowned British waterfowl breeder Reginald Appleyard at the Priory Waterfowl Farm, near Ixworth, Suffolk, in England. Besides being a respected breeder of waterfowl, he also developed the Ixworth breed of chicken, and was the author of several books on the husbandry and breeding of ducks and geese. In a promotional pamphlet he produced in 1936, he described his goal with the Silver Appleyard duck as:

An effort to Breed and make a beautiful Breed of Duck. Combination of beauty, size, lots of big white eggs, white skin, deep long wide breasts. Birds have already won at Bethnal Green and the London Dairy Show and ducklings killed at 9 weeks, 6 ½ lbs cold and plucked.  (Reginald Appleyard’s pamphlet for the promotion of the Silver Appleyard breed as excerpted in The Domestic Duck by Mike Ashton, The Crowood Press Ltd. 2015)

The Silver Appleyard was meant to be an ideal dual purpose duck: an active forager that was fast growing, combining excellent egg production with a meaty carcass.  The white skin of the Appleyard was considered more visually appealing than the dark ‘gamey’ skin of breeds such as the Rouen. And the Appleyard’s egg production exceeded that of the white skinned Pekin. By most accounts, Reginald Appleyard succeeded at his task; the duck he produced did indeed meet all of those practical requirements, as well as being rather beautiful.

Pair of early Silver Appleyards  from “The Domestic Duck” by Chris and Mike Ashton, The Crowood Press Ltd, 2015 e-book edition)

Reginald Appleyard continued to develop his excellent duck breed until his death in 1964, but he never standardized it. Nor did he mention the breed again in any of his published writings after the 1940s, which seems odd given both his skill as a breeder and the utility of the bird. Some waterfowl experts speculate that the reason Appleyard ceased to promote the duck which bore his name was because the colouring of the bird was not stable, and that both light and dark coloured ducks appeared. Nor did he ever make public the breeds he used in the Silver Appleyard’s development, although it is suspected that he may have used Rouen Clair, or possibly Mallard, and perhaps Pekin. So re-creating the breed from scratch would  – in pre-DNA test days at least  – have required some guess work.

Two Silver Appleyard males (miniature version)  (photo by Anna Maria Barbieri, Wikimedia Commons)

The Silver Appleyard is a large, heavy duck, and one of the best layers in the heavyweight category. A female can lay between 220 and 265 good-sized eggs per year.  The weight of the bird ranges from 3.6 – 4.1 kg for the drake and 3.2 – 3.6 kg for the female.  The Silver Appleyard has a slightly upright posture with a gentle slope down the back to the tail. The male has a green head with silver ‘eyebrows’ and silver at the throat.  The breast of the male varies in colour from claret (red-brown) and chestnut to light fawn. The wings are grey and white with a blue cross-stripe. The tail is dark bronze; the legs and feet are orange; the bill has a slightly green colour with a black tip. The female’s overall colour is mostly silver-white with brown and fawn markings. She also has a blue cross-stripe on the wings. Her bill is yellow to orange with a black tip. Her legs and feet are also orange.

In the years after the second world war when poultry and waterfowl breeding and husbandry grew less popular, the Silver Appleyard nearly disappeared . Some ducks were sent to the US in the 1960s, but the breed was never widely distributed. It wasn’t until waterfowl breeder Tom Bartlett of Gloucestershire, UK, took up the cause of the Silver Appleyard that the duck experienced any kind of resurgence. Bartlett‘s breeding program made it possible for the breed to be standardized in 1982, and he also developed a miniature variety which was standardized in 1997. The Silver Appleyard was recognised by the American Poultry Association in 1998.

The first significant importation of Silver Appleyards in North America was made by Dave Holderread at the Holderread Waterfowl Farm and Preservation Centre  in Corvallis Oregon in the 1980s. Holderread made the birds available to the public in 1984.

The number of Silver Appleyards in Canada is unknown, although likely to be very small, and it is not used for commercial production.  So far as anyone knows, the birds which are currently in Canada derive from the stock at Corvallis. The breed is listed as endangered in Canada.

 

Sources:   Ashton, Mike,  The Domestic Duck, The Crowood Press Ltd. UK. E-book 2015

The British Waterfowl Association (www.waterfowl.org.uk)

Dohner, Janet Vorwald, The Encyclopedia of Historic and Endangered  Livestock and Poultry Breeds, Yale University Press 2001

Holderread, Dave, Storey’s Guide to Raising Ducks. Pownal, VT: Storey Publishing, 2001.

Rare Breeds Survival Trust, The Silver Appleyard, www.rbst.org.uk

Personal email correspndence with breeder Brad Metzer of Ontario, Canada

 

 

 

 

 

 

 

Les mystérieuses chèvres de l’Île San Clemente

Bouc de l’Île San Clemente – collage de papier peint à la main et feuille d’or sur panneau 60 cm X 76 cm

 

Au large de la Californie du Sud est situé un archipel appelé les Channel Islands (ou îles du détroit) qui comprend huit îles et s’étend sur 250 km de l’île San Miguel au nord jusqu’à l’île San Clemente au sud. Les Channel Islands font partie des régions habitées depuis le plus longtemps en Amérique du Nord – au moins treize mille ans – et furent habitées sans interruption par les autochtones jusqu’au début du dix-neuvième siècle.  Les premiers Européens à voir ces îles furent des explorateurs espagnols. Juan Cabrillo revendiqua les îles pour l’Espagne en 1542. Sur certaines des îles, ces explorateurs laissèrent des chèvres pour alimenter les marins s’ils revenaient. Et les chèvres, fidèles à leur race, s’adaptèrent aux conditions arides de leur nouveau pays et se reproduisirent pendant des siècles jusqu’à ce qu’il y en ait des milliers.

Les Channel Islands de Californie (Wikimedia commons)

Belle histoire, n’est-ce pas? Si seulement c’était vrai. En fait, c’est en grande partie vraie, sauf quand il s’agit des chèvres.

Recommençons.

Pendant longtemps, l’histoire des explorateurs espagnols laissant des chèvres sur les îles fut acceptée comme véridique. Puis, des recherches archéologiques rattrapèrent la légende en démontrant qu’il n’y avait aucune preuve physique sur l’île pour appuyer l’anecdote. Les peuples autochtones avaient habité les îles sans interruption jusqu’au début du dix-neuvième siècle, pourtant aucun reste de chèvres ne fut trouvé dans les amas coquilliers des sites archéologiques.

Au début du dix-neuvième siècle,  alors que la Californie était encore espagnole, des bergers commencèrent à introduire des moutons sur l’île de San Catalina et avec eux quelques chèvres pour servir de leaders car les chèvres suivent plus facilement les humains que les moutons.

En 1848, La Californie et les Channel Islands passèrent aux mains des États-Unis et les propriétaires de ranch continuèrent à faire paître leurs moutons sur les îles de Santa Catalina et San Clemente. Vers le milieu du dix-neuvième siècle, quelques chèvres s’évadèrent sur Santa Catalina et, fidèles à leur race, il y en eut bientôt des milliers.  Mais ceci n’explique pas comment des chèvres se retrouvèrent sur San Clemente. La distance entre les deux îles est d’environ 54 km, et il est vrai que les chèvres peuvent nager, mais parcourir 54 km à la nage en haute mer? Probablement pas.

Photo de Salvador Ramirez par J.S. DIXON, 1920

Museum of Vertebrate Zoology, Berkley, California (ecoreader.berkley.edu)

En 1920, un ornithologue du nom de Joseph S. Dixon se rendit dans les Channel Islands pour étudier la nature. Durant son séjour sur Santa Catalina et San Clemente, il fit la connaissance de Salvador Ramirez, qui avait été berger sur Santa Catalina pendant de nombreuses années. En 1875, avec la permission de ses employeurs, Ramirez introduisit un couple de renards dans l’écosystème de San Clemente. Il prétendait également avoir introduit quelques chèvres.

Notes de J.S. Dixon montrant l’arrivée de chèvres en 1920

Museum of Vertebrate Zoology, Berkley, California (ecoreader.berkley.edu)

 

Il semblerait donc que le mystère entourant la présence de chèvres à San Clemente soit résolu. Une question plus intrigante demeure, à savoir d’où provenaient ces chèvres?

Une étude d’ADN faite en 2007 par le Livestock Conservancy et l’Université de Cordoue en Espagne démontre que les chèvres de San Clemente sont différentes génétiquement de toutes les races espagnoles en existence. Ce ne sont donc pas des chèvres espagnoles et elles ne sont pas non plus apparentées aux autres chèvres de la région, descendantes des troupeaux des Missions de Californie. Une étude plus poussée de l’ADN de plusieurs espèces de chèvres créoles (les chèvres créoles sont des races bâtardes ou indigènes descendant de chèvres importées en Amérique par les Européens) fut publiée en 2017 par des chercheurs d’Espagne, du Portugal, des États-Unis et de plusieurs pays sud-américains. Les chèvres de San Clemente faisaient partie de l’étude et il fut découvert qu’elles avaient un taux de consanguinité élevée, tout en étant génétiquement uniques. Les résultats de cette étude renforcèrent la notion que les San Clementes  étaient une vieille population gardée en isolement pendant une longue période. Mais elles ne sont apparentées à aucune espèce créole des Amériques. Elles sont également différentes génétiquement des races commerciales telles que les Nubiennes, une race originaire du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord qui est présente un peu partout. L’origine des chèvres de San Clemente demeure un mystère.

L’île de San Clemente fut réquisitionnée par la Marine américaine en 1934. Sans prédateur, les chèvres se multiplièrent jusque dans les années 1970 lorsque leur grand nombre (15 000+) devint une menace pour la faune et la flore rares de l’île. Pour protéger l’écosystème, la Marine commença un programme d’extermination pour éliminer la population de chèvres de San Clemente. (La population sur l’île de Santa Catalina avait déjà été réduite par la chasse.) Dans les années 80, alors qu’il restait environ 4000 chèvres sur San Clemente, la Marine planifia de s’en débarrasser en les abattant à partir d’hélicoptères. Ceci suscita la colère des groupes de protection des animaux, dont l’un d’eux (Fund for Animals) réussit à obtenir une injonction de la cour pour stopper le massacre des airs. Fund for Animals proposa à la place de piéger les chèvres et de les relocaliser, offrant de débarrasser l’île de toutes les chèvres. 3000 chèvres furent ainsi sauvées entre 1985 et 1986.

Beaucoup d’entre elles furent adoptées comme animaux de compagnie. Et beaucoup de mâles furent castrés car Fund for Animals décourageait activement l’élevage. Heureusement, un petit nombre de troupeaux furent sauvés et il y a actuellement un regain d’intérêt pour la race, surtout depuis que sa génétique unique a été découverte.

 

 

Chevreau San Clemente à la ferme Rarefield, Dalkeith Ontario (Photo © Judith Sevigny  www.facebook.com/RarefieldHeritageFarm )

Les chèvres de l’île San Clemente sont petites, bien que plus grandes que les races naines. Les mâles pèsent environ 45 kg, les femelles plus près de 35 kg. Elles ont des os fins et on dit souvent qu’elles ressemblent à des biches.  Leur robe est principalement rousse avec une ‘cape’ noire sur les épaules et le cou, ainsi que des marques noires sur la tête, les pattes et la queue. Les deux sexes portent des cornes, celles des boucs devenant souvent très larges. Les femelles sont d’excellentes mères, mettent bas facilement et sont très appréciés pour leur tempérament docile. Mâles et femelles ont peu d’odeur. Bien qu’elles soient petites, les San Clementes sont considérées comme une race à usage mixte, c’est-à-dire pour la viande et le lait. Le lait est particulièrement prisé car il ne dégage pas cette odeur de ‘chèvre’ que beaucoup trouvent désagréable. En outre,  leur génétique unique en fait d’excellents sujets pour les croisements avec d’autres races commerciales. Il y a actuellement quelques fermes qui élèvent ces chèvres au Canada et aux États-Unis. Le plus grand troupeau se situe au Nebraska et compte plus de 200 animaux. Il ne reste plus qu’environ 700 chèvres San Clemente au monde et leur statut demeure critique.

Sources: The San Clemente Goat Foundation (www.scigoatfoundation.org); Mother Earth News Breed Profile: San Clemente Goats (Video, www.motherearthnews.com);

San Clemente Goat – The Livestock Conservancy (livestockconservancy.org);

Janet Vorwald Dohner, The Encylclopedia of Historic and Endangered Livestock and Poultry, Yale University Press 2001 ; Genetic diversity and patterns of population structure in Creole goats from the Americas,  in Animal Genetics, Immunogenetics, Molecular Genetics and Functional Genomics, doi: 10.1111/age.12529, 2017 (traduit de la science by Leslie Ordal)

 

The Mysterious Goats of San Clemente Island

San Clemente Island Goat Buck – painted paper collage and gold leaf on panel 60 cm x 76 cm

 

Off the coast of Southern California there is an archipelago called the Channel Islands which consists of eight islands and spans some 250 km from San Miguel Island in the north to San Clemente Island in the south. The Channel Islands are some of the oldest inhabited areas in North America – at least thirteen thousand years – and were continuously inhabited by the indigenous population until the early nineteenth century. The first Europeans to see these islands were Spanish explorers. Juan Cabrillo claimed the islands for Spain in 1542.  On some of the islands, these explorers left behind goats as a food supply for the sailors, should they return. And the goats, behaving as goats do, adapted to their arid island home and bred amongst themselves for centuries until there were thousands of them.

The Californian Channel Islands (Wikimedia commons)

 

Quite a story, isn’t it? If only it were true. Well, most of it IS true, except for the part about the goats.

Let’s start again.

For a long time, the story about Spanish explorers leaving the goats on the island was believed to be true. Then archaeological research caught up with the mythology about the place and showed there was no physical evidence to support the story.  Indigenous people had inhabited the islands continuously until the early nineteenth century, yet no goat remains were found in the middens at archaeological sites.

In the early nineteenth century, sheep ranchers from what was then Spanish California began to bring sheep to Santa Catalina Island. The sheep herders also brought along some goats to act as ‘lead’ animals for the sheep since goats will more willingly follow humans around than sheep will.

By 1848 the United States had taken California and the Channel Islands from Mexico.  Californian ranchers continued to graze sheep on Santa Catalina and San Clemente. Sometime in the mid-nineteenth century, some of the lead goats got loose on Santa Catalina, and, behaving as goats do…soon there were thousands of goats there. But that doesn’t explain how goats got to San Clemente.  The distance between the two islands is about 54 km, and, yes, goats CAN swim, but to swim across 54 km of open ocean? Probably not.

Photo of Salvador Ramirez by J. S. Dixon, 1920.

Museum of Vertebrate Zoology, Berkley, California (ecoreader.berkley.edu)

 

In 1920 an ornithologist named Joseph S. Dixon went to the Channel Islands to study wildlife. During his time on Santa Catalina and San Clemente, Dixon met Salvador Ramirez who had worked on Santa Catalina as a shepherd for many years. In 1875, with permission of his employers, Ramirez introduced a pair of foxes to the ecosystem of San Clemente Island.  And he also claimed to have introduced some goats.

J.S. Dixon’s  field notes from 1920 showing entry for arrival of goats.

Museum of Vertebrate Zoology, Berkley, California (ecoreader.berkley.edu)

 

So it seems that the mystery of how the goats got to San Clemente has been solved. The more interesting question, though, is where did the goats come from in the first place?

A 2007 DNA study conducted by the Livestock Conservancy and the University of Cordoba in Spain showed that the San Clemente goats are genetically remote from other extant Iberian breeds. So they are not Spanish goats and are not related to the other goats in the region which are descended from the herds on the mission farms of California. A further large DNA study of several Creole goat varieties (Creole goats are mixed-breed and landrace goats descended from the various goats brought to the Americas by Europeans) was published in 2017 by researchers in Spain, Portugal, the US, and several South American Countries. San Clemente goats were among the goats studied and were found to be both highly inbred and, yet again, genetically unique. The results of the genetic analysis supported the idea that the San Clementes were indeed an old population left in isolation for a long period of time. But they are not related to any Creole goat variety found in North, South, or Central America. They are also genetically very different from commercial breeds such as Nubians, a breed originally from the Middle-East and North Africa which is widely distributed. The origin of the goats of San Clemente remains a mystery.

The Island of San Clemente was taken over by the US Navy in 1934. Without pressure from predators, the goats proliferated on the island until the 1970’s when their huge number (15 000 +) made them a threat to the island’s rare plants and other wildlife. To protect the ecosystem, the Navy began an extermination program to eradicate the goat population. (The goat population on Santa Catalina had already been reduced by hunting.) In the 1980’s when some 4000 goats remained on San Clemente, the Navy planned to rid the island of the remaining goats by shooting them from helicopters. This stirred the ire of animal welfare groups, one of whom (Fund for Animals) succeeded in getting a court injunction to stop the aerial slaughter. Fund for Animals proposed trapping and relocating the goats instead and volunteered to remove all the goats from the island.  They were able to remove about 3000 goats between 1985 and 1986.

Many of the goats were adopted as pets. Many males were neutered because Fund for Animals actively discouraged breeding the goats. Fortunately a few small herds were saved and there is now some renewed interest in the breed, particularly since their unique genetics have come to light.

San Clemente Kid at Rarefield Farm, Dalkeith Ontario (Photo © Judith Sevigny RarefieldHeritageFarm )

 

San Clemente Island goats are small, although they are larger than dwarf breeds. The males weigh around 45 kg, the females closer to 35 kg. They are fine boned and are often described as deer-like in appearance. Their coat colour is mainly reddish with a black ‘cape’ on the shoulders and neck, and black markings on the face, legs, and tail.  Both sexes are horned, with the horns of the bucks often becoming very large. The does give birth with ease and are excellent mothers. They are much loved for their docile temperament. Both males and females have ‘low odour’. Although they are small, San Clementes are considered a dual purpose breed, used for both meat and milk. The milk is especially desirable because it is largely free of the ‘goaty’ smell which many people find objectionable. Additionally, their unique genetics make them an excellent option for crossbreeding with other commercial breeds. There are currently a few farms raising the goats both in Canada and in the US, the largest of which is a herd of over two hundred San Clementes located in Nebraska. With some seven hundred San Clemente goats left world-wide, their status remains critical.

Sources: The San Clemente Goat Foundation (www.scigoatfoundation.org); Mother Earth News Breed Profile: San Clemente Goats (Video, www.motherearthnews.com);

San Clemente Goat – The Livestock Conservancy (livestockconservancy.org);

Janet Vorwald Dohner, The Encylclopedia of Historic and Endangered Livestock and Poultry, Yale University Press 2001 ; Genetic diversity and patterns of population structure in Creole goats from the Americas,  in Animal Genetics, Immunogenetics, Molecular Genetics and Functional Genomics, doi: 10.1111/age.12529, 2017 (helpfully translated from the science by Leslie Ordal)