La Galloway ceinturée

 

Aussi robuste que le bison

Aussi économe que l’Écossais

Le bétail pour les mille collines de Dieu

Et les endroits que Dieu a oubliés

H.Gordon Green

 

Une Vache Galloway ceinturée
24×30 collage et feuille d’or sur panneau

 

La région de Galloway dans le sud-ouest de l’Écosse semble avoir toujours eu ses propres espèces de bétail. Bien avant l’introduction des races modernes, il existait déjà des races indigènes robustes qui pouvaient endurer le climat rigoureux et prospéraient sur les terrains accidentés des collines. La Galloway moderne fut développée à partir de ce type indigène et fut graduellement standardisée comme une race essentiellement bouchère et sans corne vers la fin du dix-huitième ou début du dix-neuvième siècle.  Les Galloways sont principalement noires, bien qu’elles puissent aussi être bringées, rousses ou brun grisâtre. À un certain moment dans l’histoire de la race – comme c’est le cas pour beaucoup de races anciennes, il est difficile de dire exactement quand – une autre couleur fut développée, qui montrait une large bande blanche au niveau du ventre sur un animal généralement noir. La “Beltie”, comme on l’appelle affectueusement,  est probablement issue d’un croisement entre une vieille souche de Galloway noire et un type de vache laitière ceinturée de Hollande appelée Lakenvelder, possiblement à la même période que la noire fut standardisée. Un registre généalogique pour la Galloway standard fut créé en 1877, mais il n’y eut pas de registre pour la variété ceinturée en Écosse avant 1928. Les variétés ceinturées et non ceinturées sont identiques quant à leur physionomie, sauf la couleur.

Outre sa robe distinctive, la Galloway ceinturée est remarquable sur plusieurs aspects.  Premièrement, la Beltie est parfaitement adaptée aux climats rudes. Cette adaptation se manifeste en partie par un pelage hivernal ‘double’. La race développe une couche supérieure de poils durs, avec en dessous un poil doux comme du mohair pour la garder au chaud. Seul le bison a un pelage similaire. Il semble que ce soit une coïncidence de l’évolution car les deux races n’ont pas de lien génétique. Le pelage des Belties est lisse en été.

 

Une Galloway ceinturée à la ferme Green Arpents, Ormstown

 

Grâce aux deux couches de son pelage hivernal, la Galloway ceinturée n’a pas besoin de gras sous-cutanée pour se maintenir au chaud. Il en résulte une viande finement persillée avec beaucoup moins de gras sur le pourtour. Des études ont démontré que cette viande est plus faible en calories et contient plus de protéines que les viandes de bœuf plus communes. Elle a également un haut taux  d’acide linoléique conjugué ou CLA (un acide gras bénéfique) et un bon ratio d’oméga-6 et oméga-3. En plus d’être une viande maigre et saine, le bœuf de la Galloway ceinturée est savoureux et juteux, ce qui le rend très apprécié des chefs du monde entier.

Les Galloways ceinturées transforment efficacement en viande des fourrages grossiers et, grâce à leur double pelage, elles ne nécessitent pas d’alimentation supplémentaire, et chère, en hiver.

L’évolution de la Galloway ne s’est pas arrêtée à ce stade. Leur environnement comprenait des plantes alpines faibles en protéine comme les mousses et les lichens, des tiges ligneuses et de l’herbe grossière. La race s’est parfaitement adaptée à cet environnement pauvre en protéine, produisant une viande de grande qualité à partir d’une alimentation de piètre qualité. (New Zealand Galloway Association)

Les Galloways ceinturées sont courtes sur pattes, indépendantes, calmes et intelligentes. C’est un bétail de taille moyenne. Le poids moyen d’un taureau est d’environ 820 kg, et de 570 kg pour une vache. Les femelles sont des mères dévouées et protectrices, qui vêlent aisément seules et produisent un lait nourrissant. Elles étaient les vaches des petits fermiers, utilisées pour le lait et la viande mais jamais comme animal de trait.

Bien que les Galloways noires aient été introduites au Canada au 19e siècle, le premier troupeau enregistré de Galloways ceinturées n’arriva au pays qu’au milieu du 20e siècle. Le premier troupeau fut importé par Gordon Green au Québec en 1951, et les descendants de ce troupeau initial sont toujours présents dans les pâturages de la ferme Greene, Green Arpents, à Ormstown, Québec. Ce troupeau est aujourd’hui considéré comme le plus vieux troupeau de Galloways ceinturées ininterrompu en Amérique du Nord.

La population de Galloways ceinturées a augmentée depuis sa chute durant la crise de la fièvre aphteuse en Grande-Bretagne au début des années 2000. Cependant, leur nombre est peu élevé au Canada et la Galloway ceinturée demeure sur la liste des races en danger de l’association Rare Breeds Canada.

Traduction: Anne Gardon

Sources:

Cheryl Johnstone Green, Green Arpents Farm

Belted Galloway Society (www.beltedgalloways.co.uk)

The Livestock Conservancy (www.livestockconservancy.org)

Greg Suart: Présentation â l’Association Galloway de la Nouvelle-Zealand , 2007, www.nzgalloway.co.nz

La Volaille Chantecler

La poule Chantecler

Canadienne, elle l’est, la blanche Chantecler;

Son plumage de neige évoque notre hiver;

Sa tête altière et fine, et de crète allégée,

Contre nos froids autant semble bien protégée,

Et le nordais pour elle est un simple zéphyre,

Sans crainte son œil contemple l’avenir

 

Poème en l’honneur de la Chantecler

Par Dr. P.E. Rochon, Clarence Creek, Ontario, janvier 1919

 

Coq Chantecler – 30 x 24 collage sur panneau

 

Au début du vingtième siècle, un certain Wilfrid Châtelain, qui était moine trappiste à l’abbaye cistercienne d’Oka au Québec, reçut la visite de son père. Frère Wilfrid, un agronome de formation, était alors en charge du cheptel de volailles à l’institut agricole d’Oka. Il faisait la tournée des poulaillers avec son père lorsqu’ils remarquèrent que toutes les races de poules étaient d’origine européenne ou américaine. Aucune n’avait été développée au Canada.

 

Frère Wilfrid, archives de l’université de Montréal

 

Frère Wilfrid décida de remédier à cette situation et, en 1908, il commença à développer une race de poulet québécoise avec les moines de l’abbaye d’Oka. Son but était de créer une volaille qui serait à la fois une bonne pondeuse et un bon poulet charnu pour la table. Il voulait un oiseau qui pondrait même dans les mois d’hiver froids et sombres, qui aurait une petite crête et des barbillons rudimentaires pour éviter les risques d’engelure, un oiseau qui serait robuste avec un bon poids. Dix ans de recherche, de sélection, d’essais et d’abattage agressif lui furent nécessaires pour arriver au poulet  qu’il désirait. Frère Wilfrid utilisa des Combattants Indiens (aussi appelés poulet de Cornouailles), des Leghorn, des Rhode Island rousses, des Wyandotte blanches et des Plymouth Rock blanches pour créer cete nouvelle race qu’il baptisa la Chantecler, en référence au coq dans la pièce de théatre du même nom écrite par Edmond Rostand (auteur de Cyrano de Begerac). Ce coq Chantecler croyait que son chant faisait lever le soleil.

 

Une association pour le poulet Chantecler fut formée en 1918. En 1919, le Chantecler eut un grand succès à la Première Conférence de la volaille. Et en 1921 le Chantecler devint officiellement une race quand il fut admis dans la norme américaine de perfection par la American Poultry Association. La race originale créée à Oka était blanche mais plus tard, le docteur J.E. Wilkinson de l’Alberta développa une variété brune dite ‘Perdrix’. Cette variété fut admise comme race en 1935.

 

Un coq Chantecler, Wikipedia Commons

Le Chantecler est un oiseau de grande taille avec une poitrine large. Les mâles pèsent jusqu’à 3.9 kg, les femelles entre 2.5 et 3 kg. Les poules peuvent pondre jusqu’à 210 œufs la première année. La couleur des œufs est un brun pâle. Le Chantecler a une petite crête en forme de coussin, de très petits barbillons et les pattes comme le bec recourbé sont toujours jaunes. La race a un tempérament plutôt docile et est remarquablement adaptée au froid.

 

Archives en ligne, l’Université de Montréal

La race est devenue populaire sur les fermes familiales du Québec et ailleurs jusque dans les années 1950 lorsque son nombre a dramatiquement chuté. Dans les années 1970, on a même pensé que la race avait disparu. Mais grâce aux efforts de quelques petits fermiers qui n’y avaient pas renoncé, le poulet de Frère Wilfrid fut sauvé de l’extinction, et en 1999 il obtint le statut de ‘Patrimoine mondial québécois’. Le nombre de Chantecler s’est quelque peu amélioré depuis grâce à l’intérêt croissant pour la race. Elle est toutefois considérée comme en danger par Rare Breeds Canada.

 

Références : le Soleil, 01 mars 2014, www.livestockconservancy.org, Canadian Farm Animal Genetic Resources Foundation Internet archive, Association Québécoise de la volaille Chantecler, www.archiv.umontreal.ca/exposition/chantecler/Wilfrid.html

 

 

 

La Vache Canadienne

La Vache Canadienne: 24 x 30 collage sur panneau.

 

« …Douée de la santé robuste des races du nord, acclimatée par plus de trois siècles de séjour au pays, d’une frugalité incomparable, nulle autre race bovine ne possède, à elle seule, autant de qualités, ne répond mieux aux soins qu’elle reçoit et n’est plus profitable pour le commun des cultivateurs. » Dr Couture, fondateur de la Société Générale des Éleveurs de la Province de Québec, Ottawa le 5 février 1908, Société d’Histoire de la Haute-Yamaska

Du bétail de France arriva en Amérique du Nord dès 1538, mais ne fut pas conservé en nombre important jusqu’ à l’établissement des colonies permanentes de Nouvelle-France au début du 17e siècle.

Le bétail venu avec les premiers colons était un type de vache laitière que l’on trouvait habituellement dans le nord-ouest de la France. Nous les appelons type plutôt que race car les races dans le sens moderne du terme n’existaient pas dans ce temps. Samuel de Champlain fut personnellement responsable de l’importation de quelques-uns de ces animaux. En 1629, Champlain possédait environ soixante-dix vaches de ce type à sa ferme de Cap Tourmente, un peu au nord de la présente ville de Québec.

La vie en Nouvelle-France était difficile pour les colons français et pour leurs animaux. La petite colonie souffrait de famine. Au mois de juillet 1629, Champlain abandonna la colonie qui était faible et sans défense à un groupe d’aventuriers huguenots d’Angleterre, les frères Kirke, qui avait remonté le Saint-Laurent pour revendiquer ce qu’ils pouvaient de la région pour la Couronne Britannique. La ferme de Champlain fut saccagée, et lui-même fut envoyé en Angleterre comme prisonnier. Ce qu’il arriva des vaches, personne ne le sait vraiment. Il est peu probable qu’elles aient survécu.

L’occupation par les Kirkes fut de courte durée. En 1632, la Nouvelle-France était de nouveau sous contrôle français. Dans les années qui suivirent, la colonisation devint plus intense et l’importation de cheptel reprit. Le plus grand nombre de bétail arriva avec des colons français à partir des années 1660. Par ordre du roi Louis XIV, ‘’de bonnes vaches laitières de Normandie et Bretagne’’ furent envoyé en Nouvelle-France. En 1667, on comptait 3107 bovins en Nouvelle-France.

L’importation d’autres animaux cessa lorsque la colonie eut suffisamment de bétail pour être autosuffisante. Ces bovins se reproduisirent seulement entre eux pendant de nombreuses années, sans l’injection de sang nouveau. A cause des dures conditions, seuls les animaux les plus robustes et les plus sains survécurent pour passer leurs gènes. C’est ainsi que la Canadienne fut développée.

‘’Jusqu’à environ 1853, les fermiers québécois connaissaient peu d’autres vaches, à l’exception des descendants de ces premiers bovins.’’ Frère Isidore, O.C.R.

La petite Canadienne coriace se maintint jusqu’à la deuxième moitié du 19e siècle, quand l’importation de races étrangères plus imposantes fut encouragée dans les fermes laitières québécoise. A partir de 1881, il devint évident que la race indigène était sur le point de disparaître, ce qui poussa un groupe d’éleveurs inquiets à lancer une campagne en sa faveur. En 1886, un livre généalogique fut établi pour la race, ainsi qu’un standard de race. Une association pour promouvoir et renforcer la race fut créée en 1895.

 

Pique-nique annuel des éleveurs de bovins canadiens. (Fonds Société des éleveurs de bovins canadiens, SHHY. Photo : Office provincial de publicité, Québec)

 

La Canadienne est une vache laitière de petite à moyenne taille.  Elle a une coloration ‘primitive’, c’est- à -dire une robe allant du brun foncé au noir, avec une raie dorsale et le mufle plus pâles. Elle est robuste et prospère avec seulement du fourrage sans apport de nourriture coûteuse. Elle est docile, a une excellente fertilité et une longue vie. Bien que la Canadienne produise moins de lait que la Holstein, celui-ci a une haute teneur en gras et en caséine Kappa B, ce qui en fait un excellent lait pour la production de fromage.

Le type de vache française normande-bretagne d’origine a disparu depuis longtemps, mais son héritage génétique survit dans la Canadienne, ainsi que dans les Jerseys et les Guerneseys, parentes de la Canadienne.  Quelques vaches Canadiennes furent retournées en France récemment dans le but de réintroduire la race. Malheureusement, la Canadienne a subi un déclin important depuis le 19e siècle. Des tentatives pour améliorer sa production laitière ont mené à des croisements avec la race Suisse Brune dans les années 1970. La conséquence est que la Canadienne pure race est devenue extrêmement rare.

Odelie de Cap Rouge, Société d’Histoire de la Haute-Yamaska

 

On estime qu’il ne reste que 250 vaches Canadiennes pure race au Québec et peut-être un millier dans le monde. En 1850, il y en avait 300,000. Rare Breeds Canada considère la Canadienne comme vulnérable.

Sources: www.vachecanadienne.com; www.dairyinfo.gc.ca; The Canadian Encylopedia; Les Bovins: Manuels D’Oka, Institut Agricole d’Oka, 1950; Société d’Histoire de la Haute-Yamaska

 

Traduction par Anne Gardon

Le Clydesdale

 

 

Le nom de ce cheval vient de la vallée de la rivière Clyde dans le Lanarkshire, en Écosse. Clydesdale était en fait l’ancien nom de cet endroit.

Jument Clydesdale, 24 x 30 collage sur panneau

 

Comme dans la plupart des races anciennes, il est difficile de déterminer les origines exactes. Vers le milieu du dix-huitième siècle, des juments de trait écossaises furent croisées avec des étalons plus grands venant d’Angleterre et de Flandres, dans le but de produire une progéniture plus belle et plus imposante. Parmi ces étalons importés figurait un étalon dont le nom n’est pas connu mais qui était brun foncé et appartenait au Duc de Hamilton.

“…[le sixième Duc, qui hérita du titre 1742 et mourut en 1758, importa un étalon flamand brun foncé pour son exploitation agricole, dans le but d’améliorer la race des chevaux. […] Ce cheval était nommé Clyde et sa progéniture la “race Clyde”. James Davidson mourut quand M. Burns était encore enfant, mais il se rappelle de lui, et garde le souvenir de la bonne réputation que la descendance de  “Clyde” obtint“. Le Glasgow Herald, 12 mai 1883, compilé dans The History of the Clydesdale Horse (L’histoire du cheval Clydesdale), 1884.

En plus du célèbre ‘Clyde’ du Duc d’Hamilton, il y eut aussi un étalon noir sans nom, importé d’Angleterre vers 1750 par un certain John Paterson de Lochlyloch. Cet étalon noir aux pattes blanches fut également un célèbre progéniteur de la race Clydesdale. Une pouliche née en 1806, connue plus tard comme la jument Lampits du nom de la ferme où elle est née et dont les origines remontent à cet étalon noir, figure dans la généalogie de presque tous les Clydesdales vivant aujourd’hui. Cette jument et sa progéniture étaient décrites comme :

le véritable standard du Clydesdale, avec des côtes bien cintrées, un corps compact, des membres postérieurs bien droits et l’action relevée “The Hamilton Advertiser“, 11 août, 1883, compilé dans The History of the Clydesdale Horse, 1884.

C’est cette ‘action relevée’ qui différencie le Clydesdale des autres chevaux de trait.  Chaque patte est levée nettement du sol et ainsi l’intérieur du sabot est visible. Cette démarche flamboyante donne son style distinctif au Clydesdale et permet à la race de dominer  les expositions.

 

Georgia, pouliche Clydesdale appartenant à Murray McClintock, d’ Ormstown

 

Le Clydesdale original était probablement un animal plus compact que  celui d’aujourd’hui. Le Clydesdale moderne est grand – généralement 16,3 à 18 mains de haut – pèse entre 1600 et 1800 livres, a un dos plutôt court et est bien musclé. Ils sont habituellement alezan mais peuvent être noir, brun ou rouan, avec de larges marques blanches sur les pattes, le ventre et la tête. Leurs longues pattes droites portent des fanons de poil blanc soyeux.

Figure 147. Le cheval de trait. Baron’s Pride, un Clydesdale réputé.

Un exemple de la race aux environs de 1860 tiré d’Éléments d’agriculture de G.F. WARREN, 1915

 

Le premier Clydesdale à arriver au Canada fut  un étalon nommé Cumberland, qui fut importé en Ontario en 1840. La race se répandit rapidement à travers le pays. Le Clydesdale devint rapidement le cheval de trait dominant au Canada. Leur nombre atteignit son apogée dans les années 1930, mais la mécanisation de l’agriculture rendit finalement ses lourds chevaux désuets. Dès les années 60, le Clydesdale avait presque disparu, non seulement au Canada, mais à travers le monde.

Leur nombre a augmenté quelque peu – en grande partie grâce à Budweiser – mais ce cheval demeure sur la liste ‘à surveiller’. On estime qu’il y a 5000 Clydesdales dans le monde.

Références: The History of the Clydesdale Horse, William Love, Glasgow, 1884.

The Canadian Clydesdale Horse Association, www.canadianclydesdales.ca

The Livestock Conservancy, www.livestockconservancy.org

The Clydesdale Horse Society www.clydesdalehorsesociety.com

Traduction par Anne Gardon

Le Cochon Tamworth

Le Tamworth est une des plus vieilles races européennes de cochons, possiblement issue de cochons sauvages.

‘Le Tamworth contemporain est considéré comme la race la plus typique originaire de la vieille espèce indigène, le cochon forestier de vieille Angleterre. Il conserve ce statut parce qu’à la fin du 18e siècle, alors que de nombreuses race indigènes étaient ‘améliorées’ par des croisements avec du cheptel chinois et napolitain, le Tamworth n’était pas considéré à la mode et donc ignoré. C’est donc aujourd’hui la plus vieille et la plus pure race anglaise…’(www.thepigsite.com)

 

Il est probable que des cochons irlandais ont été utilisés pour améliorer le Tamworth au début des années 1800, mais à part ça, l’héritage génétique du Tamworth demeure intact, ce qui en fait l’une des races les plus pures de cochon domestique encore en existence. Son nom lui vient du village de Tamworth dans le Staffordshire en Angleterre, la région où la race a été standardisée au milieu du 19e siècle. Le Tamworth a été officiellement reconnu comme une race par la Royal Agricultural Society (la société royale d’agriculture) d’Angleterre en 1865.

Les Tamworths sont arrivés dans l’est du Canada en 1877. Ils se sont rapidement propagés à travers le pays, devenant l’une des races les plus populaires de porcs et jouant un rôle fondamental dans notre histoire agricole. Les Tamworths étaient parfaits pour les petites fermes mixtes qui caractérisaient l’agriculture canadienne du 19e jusqu’au milieu du 20e siècle, car  ils pouvaient supporter le froid et prospérer à l’extérieur avec un minimum de soins.

‘Les Tamworth sont parfaitement adaptés à l’élevage extérieur, pouvant paître avec les bovins et se nourrissant du fourrage laissé par ceux-ci dans les pâturages. En outre, ils fouillent efficacement le sol à la recherche de nourriture dans la forêt ou dans un pâturage, ce qui les rend très utiles dans les systèmes d’exploitation agricole à base de fourrage. En plus de leur tolérance à des températures extrêmes, ils sont également résistants aux maladies, nécessitant peu ou pas de traitements antibiotiques. En outre, leur couleur dorée les protège des coups de soleil. (slowfood.ca)

 

 

Le Journal d’agriculture illustré, publicité, 1895

 

Le Tamworth est un cochon au pelage blond tirant sur le roux, avec un corps long et étroit. La viande de cette race est maigre et très savoureuse. Ils sont réputés pour produire le meilleur bacon de toutes les races de porc. Ils nécessitent peu d’entretien car ils sont d’excellent fourrageurs et préfèrent vivre à l’extérieur ou ils peuvent se débrouiller seuls. Ce sont des animaux intelligents, amicaux et curieux. Les femelles produisent des portées d’une dizaine de porcelets et elles sont d’excellentes mères.

 

Les porcelets Tamworth de la ferme de Stacey Boychuk et Dwight McIntyre à Herdman, Qc.

 

Les Tamworths prennent 50% plus de temps pour atteindre la maturité que les porcs commerciaux modernes. Cette croissance lente combinée à leur incapacité à vivre à l’intérieur dans les conditions d’élevage intensif de l’agriculture moderne ont conduit au déclin rapide de leur nombre à partir des années 1950. En outre, la réglementation interdisant l’élevage de porcs sur les fermes laitières et les changements dans le classement de la viande a également réduit leur nombre.

Le Tamworth est considéré comme une espèce en danger d’extinction avec moins de 35 femelles nouvellement enregistrées au Canada en 2015 (pour un total d’environ 250). Il y en aurait aussi peu que 4000 dans le monde entier.

Sources additionnelles:  Rare Breeds Canada (rarebreeds.org), The Livestock Conservancy (livestockconservancy.org) Rare Breeds Survival Trust (rbst.org.uk)

 

Traduction par Anne Gardon.

La vache Lynch Lineback

 

Lynch Lineback Cow

Le bovin Lynch Lineback est une race primitive (landrace) canadienne originaire de l’Est de l’Ontario. Contrairement à une race ou à un cultivar qui sont tous deux sélectionnés pour se conformer à une norme particulière, une race primitive est une espèce d’animal ou de plante domestiquée qui s’est développée localement et a prospéré dans un environnement particulier dans l’isolement d’autres races ou espèces.

On ne connaît pas précisément les origines des bovins Lynch Linebacks, mais on croit qu’ils sont descendus des bovins Gloucester et Glamorgan, deux races anglaises très anciennes venues en Amérique du Nord avec les premiers colons britanniques.

Un ‘Lineback’ se réfère à un animal de couleur unie – généralement sombre – qui a une ligne blanche le long du dos de la base du cou à l’extrémité de la queue, et une autre raie blanche le long du ventre. C’est un modèle observé sur les bovins partout dans le monde et qui est considéré comme l’une des plus vieilles robes bovines remontant à l’Auroch que l’on peut voir dans les peintures rupestres d’il y a vingt-cinq mille ans.

Une belle vache Lynch Lineback – photo reproduit avec l’autorisation de Glenn McCaig

Les Lynch Linebacks sont des animaux multi-usages utilisés pour la production laitière, la viande, et possédant un bon tempérament, comme animal de trait. Ils sont de taille moyenne, noirs, avec une raie blanche dorsale et une autre sur le ventre. Ils ont des sabots exceptionnellement durs bien adaptés aux pâturages rocheux et ont une capacité à prospérer sur le fourrage sauvage. Bien que ces vaches ne produisent pas autant de lait qu’une Holstein, elles mangent moins, maintiennent une lactation optimale  plus longtemps, et sont durables et productives tout au long de leur vie – aussi longtemps que vingt ans.

Les vaches Lynch Lineback dans le pâturage – photo reproduit avec l’autorisation de Rob Torr

Les vaches de type Lineback étaient assez communes dans l’Est de l’Ontario, l’Ouest du Québec, et sur les îles du fleuve Saint-Laurent à la fin du XIXe siècle. Pendant un temps, elles furent aussi courantes dans les petites exploitations que beaucoup d’autres races laitières. Leur popularité a cependant décliné avec l’avènement de l’insémination artificielle, qui a permis aux agriculteurs d’élever des races de vaches laitières plus populaires comme les Holsteins et les Ayrshires. Par la suite, la Lynch Lineback a presque disparu.

Que la race Lynch Lineback existe encore peut être attribué au travail d’un seul homme: l’agriculteur Robert Lynch de Mallorytown, en Ontario.

“Robert Lynch commença sa propre exploitation agricole au début des années 1960. Il se rendit alors compte que les vaches Lineback qu’il trayait à la main pour son père quand il était un garçon disparaissaient … Dans une tentative pour sauver les Linebacks, Robert a gardé tout le bétail qu’il avait et ne l’a jamais croisé avec une autre race. ” Glenn McCaig, Genesis Printemps 2012

 

Video par Nick Vinnicombe utilisée avec permission.

Parce que les Lynch Linebacks sont robustes et nécessitent moins de nourriture que les races laitières de haute production, ce sont des vaches idéales pour les petites exploitations agricoles et les opérations laitières biologiques. Une Association d’éleveurs de Lynch Linebacks a été formée récemment dans l’espoir de stimuler l’intérêt pour cette race.

La race Lynch Lineback est actuellement considérée comme en danger critique d’extinction.

Pour plus d’informations sur la race: Rob Torr: 416-894-1170

(Sources: “History of The Lynch Lineback Cattle Parts I and II”, Spring 2012 and  Spring 2013 in Genesis: The Journal of Rare Breeds Canada)

Le Mouton Cotswold: Une ancienne race aussi amicale que le chien

Cette race de mouton est originaire des Cotswolds, une région vallonnée du centre-sud de l’Angleterre. Elle est l’une des plus anciennes races anglaises de laine longue et on pense qu’elle est issue des troupeaux gardés par les Romains du temps que l’Angleterre était un territoire romain.

 

Le mouton Cotswold était au cœur du commerce de la laine en Angleterre au Moyen –Age, lorsque la laine était responsable d’environ cinquante pour cent de l’économie du pays. Beaucoup de belles églises médiévales ont été construites avec la richesse générée par ces animaux. La race est restée l’une des plus importantes pour la laine et pour la production de viande jusqu’au  début du XXe siècle.

 

Le Cotswold est un gros mouton avec une personnalité amicale, et ils sont célèbres pour être faciles d’élevage. Ils ont une toison longue, épaisse, blanche et frisée. Le visage et les pattes sont sans laine, et l’animal est généralement blanc. Le Cotswold a un toupet de bouclettes, qui le distingue des autres races de longue laine. Ni les brebis ni les béliers n’ont de cornes.

 

Étant une grande race, le Cotswold a également un bon poids de carcasse pour la production de viande. Bien qu’ils se développent lentement, ils prospèrent sur les pâturages et s’adaptent à des conditions climatiques assez difficiles. Les brebis pèsent environ 85-90kg et les béliers, 130 kg.

 

 

Cotswold Ram

Le Cotswold est arrivé au Canada dans les années 1860, et il s’est rapidement imposé comme une des races préférées des agriculteurs. Considérez ce témoignage paru dans le  Journal d’agriculture du Québec en 1889:

 

« Pour moi, je préfère le cotswold et pourquoi? Parce que sa laine est blanche et je puis faire à la

maison quantité d’ouvrages de prix tels que couvertes, flanelles […] etc., toute chose qu’on ne peut faire avec une laine plus courte et trop grise……Parce que le poids de la laine sèche et nette par chaque cotswold est de 8 à 13 lbs par toison….Parce que la viande est au moins égale sinon supérieure en poids et en qualité à n’importe quelle autre race….Le cotswold s’accommode très bien de  notre climat et de nos pâturages…. » (J.O. Coulombe)

 

A partir des années 1870 au Canada, le bélier Cotswold était le géniteur préféré de la plupart des éleveurs de moutons. Entre 1878 et 1914, près de 75 000 moutons Cotswold ont été enregistrés dans le livre généalogique américain. Après la Première Guerre mondiale, le nombre a diminué abruptement au point que la race a presque disparu. Le mouton Mérino lui a été préféré pour la production de laine, et les agriculteurs ont commencé à choisir le Suffolk et le Dorset- dont les agneaux ont une croissance plus rapide – pour la viande.

«En 1978, cependant, les nombres ont chuté à 78. La situation était devenue dramatique dans les années 1980 quand il y avait une population de brebis Cotswold estimée à seulement 35 au Canada.»  (Ross Farm, NS)

Le nombre des Cotswolds a augmenté un peu depuis les années 1990. Cependant, ils restent sur la liste des espèces menacées.

Sources: Canadian Cooperative Woolgrowers Ltd, Rare Breeds Survival Trust UK, le Musée Ross Farm, Nouvelle-Écosse, Le journal d’agriculture du Québec juillet 1889.

La Dinde Ridley Bronze

 

Ridley Bronze Turkey 24 x30

La Dinde Ridley Bronze 24 x30

 

Cette race de dinde canadienne a été développée à Saltcoats, Saskatchewan, vers la fin des années 1940. Bien que la race porte le nom de «Ridley», l’homme qui fut l’initiateur de la race était en fait J.H. Richardson.

L’objectif de Richardson était de développer une dinde pour la production de viande, qui était grande, pourrait bien fourrager pour sa nourriture, était calme et sympathique, capable de résister à la rigueur du climat canadien et se reproduire naturellement.

«Il [Richardson] a voyagé partout au Canada et aux États-Unis, pour obtenir des animaux sur lesquels il a fondé son programme d’élevage. Il a finalement créé son idéal, et une fois ceci accompli, n’a jamais ajouté de nouvelles races.

La variété Ridley Bronze en est le résultat.

Une dinde idéale pour les petits élevages, les femelles Ridley Bronze pèsent environ sept kilogrammes,  les mâles treize kilogrammes ou plus.

La famille Ridley – qui a donné son nom à la race – a élevé ces dindes durant les années 1950 à 1980. C’est George Ridley qui a fourni des reproducteurs à l’Université de la Saskatchewan pour leur élevage et leur programme d’études.

Le troupeau a été maintenu jusqu’en 2008 lorsque des contraintes budgétaires ont forcé l’Université de la Saskatchewan à le disperser

“… À ce stade, les dindes ont été envoyées à différents éleveurs privés situés partout au Canada. Malheureusement, cette dispersion s’est mal déroulée, avec la majorité des oiseaux perdue pour différentes raisons (maladies, prédation, perte d’intérêt) en quelques années. Heureusement, dans les années précédant leur dispersion, l’Université avait vendu des oiseaux à d’autres propriétaires privés et, autour des années 2009, ces petits troupeaux appartenant à des éleveurs privés étaient tout ce qui restait au Canada ».

Rare Breeds Canada définit le statut de la dinde Ridley Bronze comme critique. La seule variété de dinde domestique du Canada est en danger d’extinction. Selon le sondage le plus récent mené en 2015, il ne resterait que 250 femelles reproductrices.

Sources: The Heritage Livestock Club of Eastern Ontario: “Canada’s Own Turkey Breed Still on the Critical List”; Rare Breeds Canada; ridleybronzeturkey.wordpress.com

 

L’Oie Embden

 

Embden Goose

L’oie Embden (collage de papier et feuille d’or sur panneau 30 x 24 ©2016 Alyson Champ)

Les origines de cette race ne sont pas connues avec certitude. On croit que les Oies Embden  sont originaires de la région de la mer du Nord en Europe, soit des Pays-Bas ou de l’Allemagne, où les grandes oies blanches sont élevées depuis le 13ème siècle.

L’oie Embden est un oiseau élégant avec les plumes blanches, les pieds et le bec orange, ainsi que les yeux d’un bleu très clair. Elle est également l’une des plus grandes races d’oies domestiques, prisée pour sa capacité à grossir rapidement sur pâturage. Les Embdens furent exportées pour la première fois en Amérique du Nord au début du 19ème siècle.

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Mes oeuvres en exposition, Rare Breeds Rennaissance, Canning, Nova Scotia.

En plus de leur emploi culinaire, les oies Embden ont été utilisées comme «désherbeuses» pour les cultures telles que les pommes de terre et les fraises. Les oies sont herbivores par nature et préfèrent les graminées plutôt que les plantes à larges feuilles. Les oies désherbeuses étaient très populaires aussi récemment que les années 1950 et 1960, mais leur utilité a été rendue obsolète lorsque les herbicides sont devenus plus efficace et leur utilisation s’est répandue.

La Liste de conservation de Rare Breeds Canada désigne le statut de l’oie Embden comme vulnérable au Canada. (Sources: Wikipedia et FAO Animal Production and Health Paper 2002)

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L’artiste avec son oie Flora.

 

Le Cheval Canadien: le petit cheval de fer

 

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Le cheval canadien – 24 X 30 collage, feuille d’or, sur le panneau de bois renforcé

 

Au cours de l’été 1665, Louis XIV de France commença à envoyer des chevaux à la colonie de la Nouvelle-France, aujourd’hui sur le territoire de la vallée du Saint-Laurent du Québec. Environ quatre-vingt-deux chevaux traversèrent l’Atlantique entre 1665 et 1671. Les races exactes de ces chevaux ne sont pas connues. Nous savons que les expéditions comprenaient un mélange de chevaux de selle et de chevaux de trait, et que certains provenaient de l’écurie royale  en Normandie, le centre de l’élevage de chevaux de cette époque en France. Un homme qui appréciait les beaux chevaux, Louis n’a pas lésiné.

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Portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud (Source: Wikimedia Commons)

 

Les premiers chevaux furent loués par la Couronne à des gentilshommes, des officiers militaires et des ordres religieux, et des contrats notariés stipulaient les conditions dans lesquelles les animaux devaient être entretenus et élevés. Une rupture du contrat avait de graves répercussions. Ces chevaux étaient des animaux de grande valeur, pas juste  des canassons pour tirer la charrue.

 

L’objectif était de créer le plus rapidement possible une population de chevaux de race locale afin de répondre aux besoins des colons dans un pays qui, selon les normes européennes, était rude et souvent sans pitié. Avec le programme d’élevage établi par la Couronne, les colons développèrent un petit cheval compact et  bien musclé qui était fort et agile, avec un tempérament stable, et qui pouvait survivre aux hivers froids, même durant une pénurie de fourrage.

 

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Evry au trot (H. Vachon, propriétaire)

“Depuis près de cent ans, les chevaux se multiplient dans un environnement fermé sans le bénéfice d’autres lignes de sang. Leur source commune, le manque de croisement, et de leur reproduction rapide ont créé un groupe génétique particulier qui donne lieu à une race unique: « Le cheval canadien » (Société des éleveurs de chevaux canadiens)

Et voilà comment le petit cheval de fer est né.

A partir de 1760, après la conquête anglaise de la Nouvelle-France, beaucoup de ces chevaux Canadien «  tout usage » furent expédiés de la vallée du Saint-Laurent vers les colonies américaines et encore plus loin. Par le croisement avec des chevaux britanniques- et plus tard, américains- la génétique du cheval canadien a contribué au développement d’autres races telles que le Morgan et le Standardbred.

Avec son  tempérament calme et  son endurance physique, le Canadien s’est avéré être un cheval idéal pour le champ de bataille. Trente mille chevaux canadiens ont été exportés pour fournir l’armée de l’Union pendant la guerre de Sécession américaine. Des milliers d’autres sont morts sur les champs de bataille de l’Europe durant la Première Guerre mondiale.

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La combinaison de l’exportation massive de chevaux canadiens au XIXe siècle, le croisement avec d’autres races, les pertes sur les champs de bataille et la mécanisation de l’agriculture ont poussé la race proche de l’extinction. Le nombre de chevaux canadiens est tombé à aussi peu que quatre cents dans le monde entier aussi récemment que les années 1970.

Alors que le cheval canadien a rebondi quelque peu au cours des dernières années, la plupart des groupes de conservation continuent de considérer la race  «à risque» ou «vulnérable», avec des estimations de cinq mille Canadiens de race pure existant actuellement.

(Sources: http://www.lechevalcanadien.ca/breed.htm, en.wikipedia.org/wiki/Canadian horse, http://www.chevalcanadien.org/cheval-canadien/standard-race/historique.htm, http : //www.rarebreedscanada.com/conservation-list)

 

 

 

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