La dinde Palm Royale

“En tant que consommateurs, nous considérons la dinde non pas comme un animal de ferme mais comme un produit de masse sur une liste d’épicerie”. (Sara Bir, How turkeys got broad, white breasts, Comment les dindes développèrent des poitrines blanches, Modern Farmer, 24 novembre 2014.

 

 

Les dindes sont natives du sud-ouest de l’Amérique du Nord et du centre du Mexique. De là, elles se sont propagées à travers le monde. Elles furent introduites en Europe suite à la conquête espagnole du Mexique au 16e siècle, et revinrent en Amérique du Nord avec la colonisation de la Nouvelle-Angleterre par les Britanniques.  Il y a un siècle, on pouvait trouver des dindes dans la plupart des fermes nord-américaines car elles étaient considérés idéales pour les besoins des familles rurales. Les dindes se nourrissaient de façon autonomes, pouvaient se reproduire sans assistance, pondaient beaucoup d’œufs et élevaient elles-mêmes leurs petits. Mais, plus important, elles étaient une bonne source de viande à petit prix.

Ce n’est pas par accident que je dis ‘étaient’ car ce n’est plus le cas.

Comme avec tant d’autres races rares d’animaux de ferme, les dindes ont été victimes des progrès en agriculture, réfrigération et transport au 20e siècle. Aujourd’hui, presque toutes les dindes consommées – environ 99%, en fait – sont des Broad-Breasted Whites. Cette race a été élaborée pour grossir très rapidement et bouger très peu. A cause de leur énorme poitrine, les Broad-Breasted ne peuvent pas se reproduire naturellement et doivent être inséminées artificiellement.

 

Puisque la majorité des dindes sont de la même race et qu’il y a peu de variations dans cette race, les dindes modernes sont les animaux de ferme les plus affaiblis génétiquement. En dehors de l’omniprésente Broad-Breasted, la plupart des autres races de dindes sont menacées d’extinction. Parmi ces races en danger, nous trouvons la dinde Palm Royale.

 

Mâle Palm Royale à la ferme de Brent et Janet Tolhurst de St-Chrysostome, Qc.

 

L’histoire de la dinde Palm Royale n’est pas très longue. La race ne fut reconnue par l’Americain Poultry Association (Association des volailles d’Amérique) qu’en 1971. Bien que des dindes à l’aspect semblable aient existé depuis des siècles – une variété noire et blanche connue sous le nom de bariolé ou Crollwitz existe en Europe depuis les années 1700 – la Palm Royale fut développée à Lake Worth en Floride, sur la ferme de Enoch Carson dans les années 1920.

M. Carson commença à développer la race dans les années 1920, en croisant plusieurs race de dindes, incluant la Noire, la Narragansett et la Auburn avec des dindons sauvages. Les dindes Palm Royale furent reconnues comme race par l’Americain Poultry Association en 1971, des décennies après sa création, principalement parce qu’il fallut de nombreuses années pour stabiliser sa coloration unique. Bien que la couleur apparaisse accidentellement parmi les croisements, établir une descendance prévisible prit beaucoup de temps. ” (Countryside Daily, 4 novembre 2016).

La Palm Royale est très belle. Le dos de l’oiseau est noir, alors que le reste du plumage est essentiellement blanc. Les plumes blanches se terminent par une bordure noire, donnant à cette dinde son aspect spectaculaire.

La Palm Royale était principalement un oiseau de concours; il n’était pas destiné pour la production commerciale de viande. Ceci ne signifie pas que ces dindes ne sont pas bonnes à manger, elles le sont. Bien que de petite taille, les femelles atteignent un poids de 10lbs à maturité, les mâles pèsent en moyenne 16lbs. La viande est savoureuse et prisée des chefs. Slow Food USA inclut la Palm Royale dans son Ark of Taste. Contrairement à la plupart des dindes domestiques, la Palm Royale est un oiseau actif qui peut voler. Elle est habile à trouver de la nourriture par elle-même et nettoie efficacement la basse-cour des insectes. Bien qu’elle ait moins de potentiel commercial que d’autres races anciennes, la Palm Royale est idéale pour les petites fermes à cause de sa longévité,  de sa capacité à se reproduire et son côté économe.

Le statut de la race n’est pas connu au Canada car il n’existe pas d’éleveurs à grande échelle.  Rare Breeds Canada estime que la Palm Royale est en grand danger de disparition.

 

Traduction: Anne Gardon

Sources: www.grist.org, The Livestock Conservancy (www.livestockconservancy.org) , Modern Farmer Magazine (www.modernfarmer.com), Slow Food USA (www.slowfoodusa.org)

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