La Galloway ceinturée

 

Aussi robuste que le bison

Aussi économe que l’Écossais

Le bétail pour les mille collines de Dieu

Et les endroits que Dieu a oubliés

H.Gordon Green

 

Une Vache Galloway ceinturée
24×30 collage et feuille d’or sur panneau

 

La région de Galloway dans le sud-ouest de l’Écosse semble avoir toujours eu ses propres espèces de bétail. Bien avant l’introduction des races modernes, il existait déjà des races indigènes robustes qui pouvaient endurer le climat rigoureux et prospéraient sur les terrains accidentés des collines. La Galloway moderne fut développée à partir de ce type indigène et fut graduellement standardisée comme une race essentiellement bouchère et sans corne vers la fin du dix-huitième ou début du dix-neuvième siècle.  Les Galloways sont principalement noires, bien qu’elles puissent aussi être bringées, rousses ou brun grisâtre. À un certain moment dans l’histoire de la race – comme c’est le cas pour beaucoup de races anciennes, il est difficile de dire exactement quand – une autre couleur fut développée, qui montrait une large bande blanche au niveau du ventre sur un animal généralement noir. La “Beltie”, comme on l’appelle affectueusement,  est probablement issue d’un croisement entre une vieille souche de Galloway noire et un type de vache laitière ceinturée de Hollande appelée Lakenvelder, possiblement à la même période que la noire fut standardisée. Un registre généalogique pour la Galloway standard fut créé en 1877, mais il n’y eut pas de registre pour la variété ceinturée en Écosse avant 1928. Les variétés ceinturées et non ceinturées sont identiques quant à leur physionomie, sauf la couleur.

Outre sa robe distinctive, la Galloway ceinturée est remarquable sur plusieurs aspects.  Premièrement, la Beltie est parfaitement adaptée aux climats rudes. Cette adaptation se manifeste en partie par un pelage hivernal ‘double’. La race développe une couche supérieure de poils durs, avec en dessous un poil doux comme du mohair pour la garder au chaud. Seul le bison a un pelage similaire. Il semble que ce soit une coïncidence de l’évolution car les deux races n’ont pas de lien génétique. Le pelage des Belties est lisse en été.

 

Une Galloway ceinturée à la ferme Green Arpents, Ormstown

 

Grâce aux deux couches de son pelage hivernal, la Galloway ceinturée n’a pas besoin de gras sous-cutanée pour se maintenir au chaud. Il en résulte une viande finement persillée avec beaucoup moins de gras sur le pourtour. Des études ont démontré que cette viande est plus faible en calories et contient plus de protéines que les viandes de bœuf plus communes. Elle a également un haut taux  d’acide linoléique conjugué ou CLA (un acide gras bénéfique) et un bon ratio d’oméga-6 et oméga-3. En plus d’être une viande maigre et saine, le bœuf de la Galloway ceinturée est savoureux et juteux, ce qui le rend très apprécié des chefs du monde entier.

Les Galloways ceinturées transforment efficacement en viande des fourrages grossiers et, grâce à leur double pelage, elles ne nécessitent pas d’alimentation supplémentaire, et chère, en hiver.

L’évolution de la Galloway ne s’est pas arrêtée à ce stade. Leur environnement comprenait des plantes alpines faibles en protéine comme les mousses et les lichens, des tiges ligneuses et de l’herbe grossière. La race s’est parfaitement adaptée à cet environnement pauvre en protéine, produisant une viande de grande qualité à partir d’une alimentation de piètre qualité. (New Zealand Galloway Association)

Les Galloways ceinturées sont courtes sur pattes, indépendantes, calmes et intelligentes. C’est un bétail de taille moyenne. Le poids moyen d’un taureau est d’environ 820 kg, et de 570 kg pour une vache. Les femelles sont des mères dévouées et protectrices, qui vêlent aisément seules et produisent un lait nourrissant. Elles étaient les vaches des petits fermiers, utilisées pour le lait et la viande mais jamais comme animal de trait.

Bien que les Galloways noires aient été introduites au Canada au 19e siècle, le premier troupeau enregistré de Galloways ceinturées n’arriva au pays qu’au milieu du 20e siècle. Le premier troupeau fut importé par Gordon Green au Québec en 1951, et les descendants de ce troupeau initial sont toujours présents dans les pâturages de la ferme Greene, Green Arpents, à Ormstown, Québec. Ce troupeau est aujourd’hui considéré comme le plus vieux troupeau de Galloways ceinturées ininterrompu en Amérique du Nord.

La population de Galloways ceinturées a augmentée depuis sa chute durant la crise de la fièvre aphteuse en Grande-Bretagne au début des années 2000. Cependant, leur nombre est peu élevé au Canada et la Galloway ceinturée demeure sur la liste des races en danger de l’association Rare Breeds Canada.

Traduction: Anne Gardon

Sources:

Cheryl Johnstone Green, Green Arpents Farm

Belted Galloway Society (www.beltedgalloways.co.uk)

The Livestock Conservancy (www.livestockconservancy.org)

Greg Suart: Présentation â l’Association Galloway de la Nouvelle-Zealand , 2007, www.nzgalloway.co.nz

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