La Rhode Island rouge

Coq Rhode Island rouge – papier peint à la main et feuille d’or sur panneau 70 cm x 60 cm

La Rhode Island rouge est probablement la race de volaille la plus emblématique et la plus répandue au monde. Dès le début des années 1830, des fermiers près de la ville de Little Compton, Rhode Island ainsi que dans l’état voisin du Massachusetts entreprirent de développer une excellente race de poule à double usage. Ils débutèrent avec les poules que l’on trouvait déjà couramment dans les fermes, des poules qui n’étaient pas d’une race spécifique mais un mélange de plusieurs. Un petit nombre de variétés semblent avoir eu une influence particulière dans le développement de la Rhode Island rouge, chacune apportant des qualités et des caractéristiques différentes à la race. C’était probablement des Shanghai, Java, Leghorn brune et combattants malais. Au XIXe siècle, Les ‘Shanghai’ correspondaient soit à des Brahmas ou à des Cochins, qui étaient utilisés couramment en Amérique du Nord pour la viande et qui furent importés en grand nombre dans la première moitié du XIXe siècle. La Java fut développé aux États-Unis pour la viande. Sa lignée exacte n’est pas connue et a presque disparue aujourd’hui. La Leghorn brune est une race italienne renommée pour sa production d’œufs. Les combattants malais sont de gros oiseaux avec des plumes dures et luisantes. Ils n’étaient pas communs en Amérique du Nord à cette période, bien qu’ils fussent extrêmement populaires en Europe. L’ascendant du combattant malais a pu provenir d’un coq rouge à poitrine noire importé d’Angleterre, ce qui donna à la Rhode Island rouge son coloris distinctif et aux mâles leur tempérament irritable.

La Rhode Island rouge devint très populaire peu après son développement et était couramment utilisée comme volaille utilitaire dans beaucoup de fermes américaines au XIXe siècle. Elle ne fut pas exposée avant 1879, et était alors appelée ‘Golden Red’ ou ‘Golden Buff’. Elle acquit son nom actuel au Massachussetts ou à Rhode Island entre 1879 et 1895, selon les sources. La Rhode Island rouge fut admise au ‘American Standard of Perfection’ en 1904. Une variété à petite crête rose fut standardisée en 1905.

 

Plaque commémorative de la Rhode Island rouge érigée en 1925 à Little Compton, Rhode Island (Photo ©Mackensen 2008, Wikimedia Commons)

Les Rhode Islands rouges sont classées comme des volailles de taille moyenne à grosse. Les mâles pèsent environ 3.8 kg et les femelles environ 2.7 kg. Les deux sont excellents braisés, donnant une chair savoureuse. Ce sont des volailles à peau jaune, avec un corps long et rectangulaire et des pattes jaunes. Le bec est rougeâtre, la crête et les barbillons sont rouges. Les poules, qui ont une meilleure disposition que les coqs, sont d’excellentes pondeuses et peuvent produire annuellement 200 à 300 œufs brun foncé dès l’âge de six mois. La Rhode Island rouge a un plumage d’un beau rouge acajou, les mâles arborant un peu de noir sur les ailes et la queue. Ce sont des volailles robustes, très flexibles et qui mangent à peu près n’importe quoi. Les Rhode Island rouges étaient les volailles préférées dans de nombreuses parties du globe jusqu’au milieu du XXe siècle.

 

Illustration tirée de la fable américaine ‘The Little Red Hen’ vers 1918

Il est difficile d’imaginer qu’une excellente race de poule telle que celle-ci soit menacée. En vérité, la Rhode Island rouge a été la victime de son propre succès. Sa belle couleur d’un rouge foncé l’a rendue populaire auprès des éleveurs qui n’étaient intéressés qu’aux compétitions et les élevaient pour leur couleur et leur apparence, pas pour leur utilité. Le plumage acajou qui en a fait une race populaire auprès des exposants l’a rendue moins attrayante en tant que volaille à viande à cause de la couleur foncée des plumes émergeantes. L’agriculture devenant plus spécialisée, les races à double usage devinrent aussi moins populaires. Mais les rouges étaient presque sans égales comme pondeuses, et ce fut leur capacité de production d’œufs qui devint leur plus grand atout.

Depuis les années 1940, la Rhode Island rouge a été élevée de manière sélective pour une production d’œufs plus efficace, devenant plus petite, de couleur plus pâle et moins mélancolique par la même occasion. (The Livestock Conservancy).

Les Rhode Islands rouges modernes continuent d’être utilisées pour la création de pondeuses hybrides destinées à l’industrie agricole telles que les Sex-links rouges, les Bovan Goldlines et ISA Browns. Donc, la Rhode Island rouge du XIXe siècle survit dans un sens à travers ces croisements. Mais, parce que l’emphase a été mise sur la production d’œufs au détriment d’autres caractéristiques, la grosse poule de basse-cour à usage double, robuste et au plumage rouge foncé a presque disparu. La race est considérée comme vulnérable au Canada et sur la ‘liste de surveillance’ aux États-Unis.

Poule Rhode Island rouge (Wikimedia commons)

 

 

Traduction par Anne Gardon

Sources:

Ark of Taste (www.fondazioneslowfood.com)

Dohner, Janet Vorwald: The Encyclopedia of Historic and Endangered Livestock and Poultry, Yale University Press, 2001

The Livestock Conservancy (www.livestockconservancy.org)

Wikipedia (www.en.wikipedia.org)

 

 

 

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