La Vache Canadienne

La Vache Canadienne: 24 x 30 collage sur panneau.

 

« …Douée de la santé robuste des races du nord, acclimatée par plus de trois siècles de séjour au pays, d’une frugalité incomparable, nulle autre race bovine ne possède, à elle seule, autant de qualités, ne répond mieux aux soins qu’elle reçoit et n’est plus profitable pour le commun des cultivateurs. » Dr Couture, fondateur de la Société Générale des Éleveurs de la Province de Québec, Ottawa le 5 février 1908, Société d’Histoire de la Haute-Yamaska

Du bétail de France arriva en Amérique du Nord dès 1538, mais ne fut pas conservé en nombre important jusqu’ à l’établissement des colonies permanentes de Nouvelle-France au début du 17e siècle.

Le bétail venu avec les premiers colons était un type de vache laitière que l’on trouvait habituellement dans le nord-ouest de la France. Nous les appelons type plutôt que race car les races dans le sens moderne du terme n’existaient pas dans ce temps. Samuel de Champlain fut personnellement responsable de l’importation de quelques-uns de ces animaux. En 1629, Champlain possédait environ soixante-dix vaches de ce type à sa ferme de Cap Tourmente, un peu au nord de la présente ville de Québec.

La vie en Nouvelle-France était difficile pour les colons français et pour leurs animaux. La petite colonie souffrait de famine. Au mois de juillet 1629, Champlain abandonna la colonie qui était faible et sans défense à un groupe d’aventuriers huguenots d’Angleterre, les frères Kirke, qui avait remonté le Saint-Laurent pour revendiquer ce qu’ils pouvaient de la région pour la Couronne Britannique. La ferme de Champlain fut saccagée, et lui-même fut envoyé en Angleterre comme prisonnier. Ce qu’il arriva des vaches, personne ne le sait vraiment. Il est peu probable qu’elles aient survécu.

L’occupation par les Kirkes fut de courte durée. En 1632, la Nouvelle-France était de nouveau sous contrôle français. Dans les années qui suivirent, la colonisation devint plus intense et l’importation de cheptel reprit. Le plus grand nombre de bétail arriva avec des colons français à partir des années 1660. Par ordre du roi Louis XIV, ‘’de bonnes vaches laitières de Normandie et Bretagne’’ furent envoyé en Nouvelle-France. En 1667, on comptait 3107 bovins en Nouvelle-France.

L’importation d’autres animaux cessa lorsque la colonie eut suffisamment de bétail pour être autosuffisante. Ces bovins se reproduisirent seulement entre eux pendant de nombreuses années, sans l’injection de sang nouveau. A cause des dures conditions, seuls les animaux les plus robustes et les plus sains survécurent pour passer leurs gènes. C’est ainsi que la Canadienne fut développée.

‘’Jusqu’à environ 1853, les fermiers québécois connaissaient peu d’autres vaches, à l’exception des descendants de ces premiers bovins.’’ Frère Isidore, O.C.R.

La petite Canadienne coriace se maintint jusqu’à la deuxième moitié du 19e siècle, quand l’importation de races étrangères plus imposantes fut encouragée dans les fermes laitières québécoise. A partir de 1881, il devint évident que la race indigène était sur le point de disparaître, ce qui poussa un groupe d’éleveurs inquiets à lancer une campagne en sa faveur. En 1886, un livre généalogique fut établi pour la race, ainsi qu’un standard de race. Une association pour promouvoir et renforcer la race fut créée en 1895.

 

Pique-nique annuel des éleveurs de bovins canadiens. (Fonds Société des éleveurs de bovins canadiens, SHHY. Photo : Office provincial de publicité, Québec)

 

La Canadienne est une vache laitière de petite à moyenne taille.  Elle a une coloration ‘primitive’, c’est- à -dire une robe allant du brun foncé au noir, avec une raie dorsale et le mufle plus pâles. Elle est robuste et prospère avec seulement du fourrage sans apport de nourriture coûteuse. Elle est docile, a une excellente fertilité et une longue vie. Bien que la Canadienne produise moins de lait que la Holstein, celui-ci a une haute teneur en gras et en caséine Kappa B, ce qui en fait un excellent lait pour la production de fromage.

Le type de vache française normande-bretagne d’origine a disparu depuis longtemps, mais son héritage génétique survit dans la Canadienne, ainsi que dans les Jerseys et les Guerneseys, parentes de la Canadienne.  Quelques vaches Canadiennes furent retournées en France récemment dans le but de réintroduire la race. Malheureusement, la Canadienne a subi un déclin important depuis le 19e siècle. Des tentatives pour améliorer sa production laitière ont mené à des croisements avec la race Suisse Brune dans les années 1970. La conséquence est que la Canadienne pure race est devenue extrêmement rare.

Odelie de Cap Rouge, Société d’Histoire de la Haute-Yamaska

 

On estime qu’il ne reste que 250 vaches Canadiennes pure race au Québec et peut-être un millier dans le monde. En 1850, il y en avait 300,000. Rare Breeds Canada considère la Canadienne comme vulnérable.

Sources: www.vachecanadienne.com; www.dairyinfo.gc.ca; The Canadian Encylopedia; Les Bovins: Manuels D’Oka, Institut Agricole d’Oka, 1950; Société d’Histoire de la Haute-Yamaska

 

Traduction par Anne Gardon

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