La Volaille Chantecler

La poule Chantecler

Canadienne, elle l’est, la blanche Chantecler;

Son plumage de neige évoque notre hiver;

Sa tête altière et fine, et de crète allégée,

Contre nos froids autant semble bien protégée,

Et le nordais pour elle est un simple zéphyre,

Sans crainte son œil contemple l’avenir

 

Poème en l’honneur de la Chantecler

Par Dr. P.E. Rochon, Clarence Creek, Ontario, janvier 1919

 

Coq Chantecler – 30 x 24 collage sur panneau

 

Au début du vingtième siècle, un certain Wilfrid Châtelain, qui était moine trappiste à l’abbaye cistercienne d’Oka au Québec, reçut la visite de son père. Frère Wilfrid, un agronome de formation, était alors en charge du cheptel de volailles à l’institut agricole d’Oka. Il faisait la tournée des poulaillers avec son père lorsqu’ils remarquèrent que toutes les races de poules étaient d’origine européenne ou américaine. Aucune n’avait été développée au Canada.

 

Frère Wilfrid, archives de l’université de Montréal

 

Frère Wilfrid décida de remédier à cette situation et, en 1908, il commença à développer une race de poulet québécoise avec les moines de l’abbaye d’Oka. Son but était de créer une volaille qui serait à la fois une bonne pondeuse et un bon poulet charnu pour la table. Il voulait un oiseau qui pondrait même dans les mois d’hiver froids et sombres, qui aurait une petite crête et des barbillons rudimentaires pour éviter les risques d’engelure, un oiseau qui serait robuste avec un bon poids. Dix ans de recherche, de sélection, d’essais et d’abattage agressif lui furent nécessaires pour arriver au poulet  qu’il désirait. Frère Wilfrid utilisa des Combattants Indiens (aussi appelés poulet de Cornouailles), des Leghorn, des Rhode Island rousses, des Wyandotte blanches et des Plymouth Rock blanches pour créer cete nouvelle race qu’il baptisa la Chantecler, en référence au coq dans la pièce de théatre du même nom écrite par Edmond Rostand (auteur de Cyrano de Begerac). Ce coq Chantecler croyait que son chant faisait lever le soleil.

 

Une association pour le poulet Chantecler fut formée en 1918. En 1919, le Chantecler eut un grand succès à la Première Conférence de la volaille. Et en 1921 le Chantecler devint officiellement une race quand il fut admis dans la norme américaine de perfection par la American Poultry Association. La race originale créée à Oka était blanche mais plus tard, le docteur J.E. Wilkinson de l’Alberta développa une variété brune dite ‘Perdrix’. Cette variété fut admise comme race en 1935.

 

Un coq Chantecler, Wikipedia Commons

Le Chantecler est un oiseau de grande taille avec une poitrine large. Les mâles pèsent jusqu’à 3.9 kg, les femelles entre 2.5 et 3 kg. Les poules peuvent pondre jusqu’à 210 œufs la première année. La couleur des œufs est un brun pâle. Le Chantecler a une petite crête en forme de coussin, de très petits barbillons et les pattes comme le bec recourbé sont toujours jaunes. La race a un tempérament plutôt docile et est remarquablement adaptée au froid.

 

Archives en ligne, l’Université de Montréal

La race est devenue populaire sur les fermes familiales du Québec et ailleurs jusque dans les années 1950 lorsque son nombre a dramatiquement chuté. Dans les années 1970, on a même pensé que la race avait disparu. Mais grâce aux efforts de quelques petits fermiers qui n’y avaient pas renoncé, le poulet de Frère Wilfrid fut sauvé de l’extinction, et en 1999 il obtint le statut de ‘Patrimoine mondial québécois’. Le nombre de Chantecler s’est quelque peu amélioré depuis grâce à l’intérêt croissant pour la race. Elle est toutefois considérée comme en danger par Rare Breeds Canada.

 

Références : le Soleil, 01 mars 2014, www.livestockconservancy.org, Canadian Farm Animal Genetic Resources Foundation Internet archive, Association Québécoise de la volaille Chantecler, www.archiv.umontreal.ca/exposition/chantecler/Wilfrid.html

 

 

 

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