Le Cheval Canadien: le petit cheval de fer

 

Canadian Horse

Le cheval canadien – 24 X 30 collage, feuille d’or, sur le panneau de bois renforcé

 

Au cours de l’été 1665, Louis XIV de France commença à envoyer des chevaux à la colonie de la Nouvelle-France, aujourd’hui sur le territoire de la vallée du Saint-Laurent du Québec. Environ quatre-vingt-deux chevaux traversèrent l’Atlantique entre 1665 et 1671. Les races exactes de ces chevaux ne sont pas connues. Nous savons que les expéditions comprenaient un mélange de chevaux de selle et de chevaux de trait, et que certains provenaient de l’écurie royale  en Normandie, le centre de l’élevage de chevaux de cette époque en France. Un homme qui appréciait les beaux chevaux, Louis n’a pas lésiné.

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Portrait de Louis XIV par Hyacinthe Rigaud (Source: Wikimedia Commons)

 

Les premiers chevaux furent loués par la Couronne à des gentilshommes, des officiers militaires et des ordres religieux, et des contrats notariés stipulaient les conditions dans lesquelles les animaux devaient être entretenus et élevés. Une rupture du contrat avait de graves répercussions. Ces chevaux étaient des animaux de grande valeur, pas juste  des canassons pour tirer la charrue.

 

L’objectif était de créer le plus rapidement possible une population de chevaux de race locale afin de répondre aux besoins des colons dans un pays qui, selon les normes européennes, était rude et souvent sans pitié. Avec le programme d’élevage établi par la Couronne, les colons développèrent un petit cheval compact et  bien musclé qui était fort et agile, avec un tempérament stable, et qui pouvait survivre aux hivers froids, même durant une pénurie de fourrage.

 

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Evry au trot (H. Vachon, propriétaire)

“Depuis près de cent ans, les chevaux se multiplient dans un environnement fermé sans le bénéfice d’autres lignes de sang. Leur source commune, le manque de croisement, et de leur reproduction rapide ont créé un groupe génétique particulier qui donne lieu à une race unique: « Le cheval canadien » (Société des éleveurs de chevaux canadiens)

Et voilà comment le petit cheval de fer est né.

A partir de 1760, après la conquête anglaise de la Nouvelle-France, beaucoup de ces chevaux Canadien «  tout usage » furent expédiés de la vallée du Saint-Laurent vers les colonies américaines et encore plus loin. Par le croisement avec des chevaux britanniques- et plus tard, américains- la génétique du cheval canadien a contribué au développement d’autres races telles que le Morgan et le Standardbred.

Avec son  tempérament calme et  son endurance physique, le Canadien s’est avéré être un cheval idéal pour le champ de bataille. Trente mille chevaux canadiens ont été exportés pour fournir l’armée de l’Union pendant la guerre de Sécession américaine. Des milliers d’autres sont morts sur les champs de bataille de l’Europe durant la Première Guerre mondiale.

Canadian royal horse

 

La combinaison de l’exportation massive de chevaux canadiens au XIXe siècle, le croisement avec d’autres races, les pertes sur les champs de bataille et la mécanisation de l’agriculture ont poussé la race proche de l’extinction. Le nombre de chevaux canadiens est tombé à aussi peu que quatre cents dans le monde entier aussi récemment que les années 1970.

Alors que le cheval canadien a rebondi quelque peu au cours des dernières années, la plupart des groupes de conservation continuent de considérer la race  «à risque» ou «vulnérable», avec des estimations de cinq mille Canadiens de race pure existant actuellement.

(Sources: http://www.lechevalcanadien.ca/breed.htm, en.wikipedia.org/wiki/Canadian horse, http://www.chevalcanadien.org/cheval-canadien/standard-race/historique.htm, http : //www.rarebreedscanada.com/conservation-list)

 

 

 

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